Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

En effet, Ibn Ǧarîr — qui tient la parole de la majorité pour une preuve, car elle est transmise du Prophète — que les prières et la paix soient sur lui —, ne considérant donc pas que le fondement du consensus relève de l’ijtihâd et ne tenant aucun compte de l’avis isolé d’une ou deux personnes — a rapporté que l’opinion imposant une expiation lorsqu’on dit : « Si je fais telle chose, alors tout esclave qui m’appartient est libre » est celle d’un groupe nombreux parmi les éminents Compagnons et Successeurs. Il a notamment cité, parmi ceux déjà mentionnés : Ibn ʿUmar, ʿÂʾisha, Ḥafṣa, Umm Salama, ʿAṭâʾ, Ṭâwûs, al-Qâsim et Sâlim.

Ṭâwûs n’est ainsi que l’un des membres d’un groupe important d’imâms parmi les Compagnons et les Successeurs qui ont affirmé que, lorsqu’on déclare : « Si je le fais, tous mes esclaves seront affranchis », il s’impose une expiation de serment.

Ibn Ǧarîr est, de plus, l’une des autorités sur lesquelles l’opposant et ses semblables se fondent pour revendiquer un consensus au sujet du divorce ; mais cela ne leur est d’aucune utilité, car, selon lui, le consensus se résume à l’opinion de la majorité et ne correspond pas au consensus infaillible qu’ils­ — ainsi que la plupart des savants musulmans — prétendent.

Quant à la divergence qu’il a rapportée à ce propos, il la tient d’un groupe nombreux d’imâms parmi les Compagnons et les Successeurs ; et, pour ce genre de transmission, on se réfère à lui d’un commun accord des savants. Ils ont pourtant pris ses dires pour preuve là où, selon la majorité des savants, cela n’est pas admissible, tout en négligeant ses rapports là où, d’un accord unanime, il est licite de s’y appuyer.

En vérité, il figure parmi les imâms des musulmans, connaissant les propos des Compagnons et des Successeurs ; il est l’un des muǧtahidûn ayant des disciples et une école propre. C’est pourquoi Abû Isḥâq l’a mentionné dans Les classes des fuqahâʾ muǧtahidûn (1).

(1) p. 93.
فقد ذكر ابن جرير ــ وهو يرى أَنَّ قول الجمهور حجة، نقلته عن النبي - صلى الله عليه وسلم -، فلا يجعل مستند الإجماع اجتهادًا، ولا يعتد بخلاف الواحد والاثنين ــ أَنَّ القول بلزوم الكفارة فيما إذا قال: إِنْ فعلتُ كذا فكل مملوك لي حر = هو قولُ جماعةٍ يكثر عددهم من أئمة الصحابة والتابعين، وذكر منهم مَنْ ذكر مثل: ابن عمر وعائشة وحفصة وأم سلمة وعطاء وطاووس والقاسم وسالم. وطاووس واحد من جماعةٍ يكثر عددهم من أئمة الصحابة والتابعين، قالوا فيما إذا قال: إِنْ فعلت فكل مملوك لي حر: إِنَّ في ذلك كفارة يمين. وابن جرير أَحدُ مَن اعتمد المعترض وأمثاله على نقله للإجماع في الطلاق، مع أَنَّ ذلك لا ينفعهم؛ فإنَّ الإجماع عنده قولُ الجمهور، ليس هو الإجماع الذي يقولون هم وجمهور علماء المسلمين إنه الإجماع المعصوم. وأما نَقْلُهُ للنزاع في ذلك؛ فقد نقله عن جماعة يكثر عددهم من أئمة الصحابة والتابعين، ومثل هذا النقل يُرجع فيه إليه باتفاق العلماء؛ فقد احتجوا بنقله فيما لا يجوز الاحتجاج به عند جماهير العلماء، وتركوا نقله فيما يحتج بنقله فيه باتفاق العلماء. فإنه من أئمة المسلمين العالمين بأقوال الصحابة والتابعين، وهو أحد المجتهدين الذين لهم أتباع ومذهب، ولهذا ذكره أبو إسحاق في طبقات الفقهاء المجتهدين (١) .
(١) (ص ٩٣).

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