Le propos est donc le suivant :
La transmission, par les savants, des propos attestant l’existence d’une divergence est plus solidement établie que leur transmission niant cette divergence.
Abû Thawr, Muḥammad b. Naṣr, Muḥammad b. Jarîr, Ibn al-Mundhir, Ibn ʿAbd al-Barr, Ibn Ḥazm et d’autres ont rapporté la divergence touchant le serment conditionné par l’affranchissement, d’après les Compagnons et les tâbiʿîn — et ils citent notamment Ṭâwûs parmi ceux qui la soutiennent. Certains d’entre eux ont, en revanche, relaté un consensus au sujet du divorce, tels Abû Thawr et ceux qui l’ont suivi, tandis que d’autres ont également rapporté une divergence à ce propos, comme Ibn Ḥazm et ceux qui partagent son avis.
Si la divergence relative au divorce et au serment qui s’y rapporte n’était pas connue par d’autres chaînes (1), il demeurerait néanmoins certain que l’affirmation, par l’ensemble de ces autorités, de l’existence d’un désaccord concernant l’affranchissement prime sur l’affirmation, par quelques-uns d’entre eux seulement, de l’absence de divergence au sujet du divorce, et ce pour deux raisons :
- Le rapport d’une divergence est plus fort et mieux établi ;
- Celui qui affirme la divergence est affirmatif, alors que celui qui la nie est négatif ; or l’affirmatif l’emporte sur le négatif.
Ainsi, lorsque l’opposant — et ceux qui le suivent — prennent pour principal argument la transmission d’un consensus et rejettent la transmission d’une divergence, ils tombent dans l’erreur la plus manifeste et la contradiction la plus grossière.
Quatrième argument :
La divergence au sujet de l’affranchissement n’est pas l’avis de Ṭâwûs et al-Ḥasan seulement ; elle est également rapportée de plusieurs autres tâbiʿîn et de plusieurs Compagnons, avec des chaînes de transmission authentiquement établies.