La divergence porte sur l’affranchissement conditionné par serment. C’est bien à ce sujet que le répondant a affirmé :
« En résumé, la divergence dans cette question est solidement établie chez les Anciens, tels que Ṭawûs et al-Ḥasan. »
Dans ce passage [192 b] il n’évoque aucunement le désaccord relatif au divorce, et les hypothèses – déjà mentionnées par l’objecteur et manifestement infondées – ne visent que ce qui a été rapporté de Ṭawûs au sujet du divorce. Comment, dès lors, pourraient-elles constituer une réponse à ce qui a été transmis de lui au sujet de l’affranchissement ?
Deuxième point : on dira que la parole de Ṭawûs – établissant une égalité entre l’affranchissement et le serment assimilé au vœu, en ce sens qu’il requiert l’expiation juratoire – correspond à l’avis d’Abû Thawr. Cet avis a été rapporté par la majorité de ceux qui ont écrit sur les divergences juridiques, tels que : Muḥammad b. Naṣr, Muḥammad b. Jarîr, Abû Bakr b. al-Mundhir, Abû ʿUmar b. ʿAbd al-Barr, Abû Muḥammad b. Ḥazm, et bien d’autres encore. Certains d’entre eux se contentent de le transmettre, et avant eux déjà, Abû Thawr et d’autres savants musulmans avaient signalé la divergence.
De surcroît, cette transmission figure dans les ouvrages qui consignent les divergences des Anciens, qu’il s’agisse des compilations relevant des écoles de Mâlik, al-Shâfiʿî, Aḥmad, Abû Ḥanîfa ou d’autres. Quiconque conteste l’attribution de cet avis à Ṭawûs se heurte donc à l’accord unanime des savants qui rapportent la divergence.
Or, l’objecteur reconnaît lui-même ne disposer d’aucune transmission allant à l’encontre de cet avis de Ṭawûs ; comment serait-il alors recevable de rejeter ce qu’ont unanimement rapporté les savants, sans le moindre argument ? Il ne l’a écarté qu’au moyen des mêmes interprétations « qarmates » par lesquelles il s’en est pris à l’avis de Ṭawûs concernant le divorce soumis à serment : autant d’altérations des paroles détournées de leur contexte.
Troisième point : qu’on réponde à de tels contradicteurs : le fondement de votre position repose sur ce que certains d’entre eux ont rapporté comme prétention d’un consensus ; or il est notoire que leurs rapports établissant la divergence sont plus sûrs et plus solides que leurs prétentions au consensus.