Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Reste à déterminer si l’islam antérieur empêche l’asservissement de l’apostat lorsqu’il n’est pas passible d’une mise à mort obligatoire. Sur cette question, les savants sont en désaccord.

En effet, la servitude légale n’a pour cause que la mécréance et la guerre : Allah – qu’Il soit exalté – a permis (1) à Ses serviteurs croyants d’assujettir les cous des mécréants et de s’emparer de leurs biens, car Il les a créés pour qu’ils L’adorent, et Il a créé les richesses afin qu’ils s’en aident pour accomplir Son culte. Lorsqu’ils ont mécru en Lui et qu’ils ont combattu Ses alliés, Il a autorisé ces derniers à prendre possession de leurs personnes et de leurs biens, faisant de tout cela un butin (fayʾ) qu’Il réattribue à Ses serviteurs croyants, eux qui en sont légalement les ayants droit. Il le leur a donc restitué, c’est-à-dire qu’Il leur a rendu ce qui, en droit, leur revenait.

De là, l’islam constitue un empêchement à la servitude licite : jamais il n’est permis d’asservir un musulman libre. S’il apostasie, son exécution devient obligatoire à moins qu’il ne revienne à l’islam. S’il se convertit après avoir été fait prisonnier, la question se pose : peut-on le réduire en esclavage comme on le ferait d’un mécréant d’origine ? Sur ce point, les avis divergent.

Selon une première opinion, son asservissement est permis, comme les Compagnons – qu’Allah les agrée – le firent avec certains captifs de Banû Hanîfa (2), parmi lesquels la Hanifite qu’ʿAlî ibn Abî Tâlib – qu’Allah l’agrée – prit pour concubine (3).

Selon une seconde opinion, son asservissement n’est pas permis : soit il revient à l’islam, soit son exécution devient impérative ; à la différence du mécréant d’origine dont l’exécution n’est pas obligatoire s’il refuse de se convertir.

Quant à la femme apostate, la majorité des juristes – parmi lesquels Mâlik, ash-Shâfiʿî et Ahmad – considère que son exécution est obligatoire, à l’instar de celle qui fut mise à mort

(1) Au texte original : « أباح » ; la version que j’ai retenue assure la cohérence du propos. (2) Il s’agit de la bataille d’al-Yamâma contre Musaylima et ses partisans. Voir le récit dans : Târîkh al-Islâm, t. 2, p. 27 et suiv. ; al-Bidâya wa-l-Nihâya, t. 9, p. 465 et suiv. (3) Rapporté par al-Wâqidî dans son Kitâb al-Ridda, selon la chaîne d’al-Zaylâʾî, et la version de son fils Muḥammad dans les Ṣaḥīḥayn. Voir : Nasb al-Râya, t. 3, p. 450 ; al-Badr al-Munîr, t. 8, p. 576.
استرقاق المرتد حيث لا يتحتَّم قتله؟ فيه نزاعٌ بين العلماء، وهذا لأنَّ الرق إنما سببه الكفر والمحاربة فأباح (١) الله ــ عز وجل ــ لعباده المؤمنين أَنْ يستعبدوا رقاب الكفار ويأخذوا أموالهم، لأنه ــ تعالى ــ خلقهم لعبادته، وخَلَقَ الأموال ليستعينوا بها على عبادته، فلما كفروا به وحاربوا أولياءه أباح لأوليائه تملك أنفسهم وأموالهم، وَجَعَلَ ذلك فيئًا يفيئه على عباده المؤمنين، لأنهم هم المستحقون له. أفاء إليهم؛ أي: أعاد إليهم ما هم المستحقون له شرعًا. ولهذا كان الإسلام مانعًا من الرقِّ الشرعي، فالحر المسلم لا يجوز استرقاقه بحال، وإذا ارتدَّ عن الإسلام تحتَّمَ قتلُهُ إِنْ لم يَعُدْ إلى الإسلام، فإن أسلم بعد الأسر فهل يسترق كما يسترق الكافر الأصلي؟ فيه نزاع. فقيل: يجوز استرقاقه، كما استرق الصحابة - رضي الله عنهم - من استرقوه من بني حنيفة (٢) ، ومنهم الحنفية التي تَسَرَّاهَا علي بن أبي طالب - رضي الله عنه - (٣) . وقيل: لا يجوز استرقاقه، فإنه إما أَنْ يُسلم وإما أَنْ يتحتم قتله؛ بخلاف الكافر الأصلي فإنه إذا لم يسلم لم يتحتم قتله. والمرتدة يتحتم قتلها عند الجمهور كمالك والشافعي وأحمد، كما قتل
(١) في الأصل: (أباح)، وبما أثبتُّ يستقيم الكلام. (٢) وذلك في وقعة اليمامة مع مسيلمة ومن اتبعه. انظر خبرها في: تاريخ الإسلام (٢/ ٢٧ وما بعدها)، البداية والنهاية (٩/ ٤٦٥ وما بعدها). (٣) أخرجه الواقدي في كتاب الردة ــ كما ساق إسناده الزيلعي ــ. ورواية ابنها محمد في «الصحيحين». انظر: نصب الراية (٣/ ٤٥٠)، البدر المنير (٨/ ٥٧٦).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies