Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Selon l’un des deux avis rapportés dans l’école d’Aḥmad, il est tenu de la répudier si elle persiste à délaisser la prière ou à commettre l’infamie. De même, l’imâm Aḥmad considère qu’il ne lui est pas permis d’épouser une fornicatrice avant qu’elle ne se repente, ainsi que l’attestent le Livre et la Sunna. Il a, en outre, déclaré faible le ḥadith : « Ma femme ne repousse pas la main de celui qui la touche »(1) et n’a pas autorisé qu’un homme soit un dayyûth, alors que certains théologiens, tel Abū ʿAlī al-Jubbāʾī(2), ont évoqué l’existence d’un consensus autorisant pareille chose ! Ils ont même prétendu que le verset de la Sûrat an-Nūr(3) aurait été abrogé par un tel consensus, que l’on dise que l’ijmāʿ en est directement l’abrogeant ou qu’il en soit simplement la preuve. La réfutation détaillée de ces prétendus consensus, contraires au Livre, à la Sunna et aux récits des Compagnons, sera exposée ailleurs.

Ce qui importe ici, c’est que, tandis que le divorce qui fait l’objet d’un serment n’est ni obligatoire ni recommandé, la manumission liée à un serment est, elle, recommandée ; si l’on en faisait un vœu, elle deviendrait obligatoire du fait même du vœu, alors que le divorce ne devient jamais obligatoire par un vœu. Or, les premiers Compagnons – qu’Allah les agrée – ont émis, au sujet de la manumission conditionnelle et des vœux d’obéissances lorsqu’ils sont formulés à titre de serment, une fatwā selon laquelle ils ne deviennent pas obligatoires, car il s’agit alors d’un serment soumis à expiation.

(1) Extrait par al-Shâfiʿî dans son Musnad (nᵒ 1206), par Abû Dâwûd (nᵒ 1851) et par an-Nasâ’î (nᵒ 3465), ainsi que par d’autres, du ḥadîth d’Ibn ʿAbbâs (qu’Allâh soit satisfait de lui et de son oncle). L’imâm Aḥmad a déclaré : « Ce ḥadîth n’a aucun fondement et ne se vérifie pas. » An-Nasâ’î, quant à lui, l’a jugé mursal. Voir : Naṣb ar-Râyah, t. 3, p. 353 ; al-Badr al-Munîr, t. 8, p. 177. Ibn Ḥajar a rédigé une risâlah consacrée à ce ḥadîth dans laquelle il défend son authenticité ; Ibn al-Mubarrad (Yûsuf b. ʿAbd al-Hâdî) a laissé une risâlah manuscrite sur la vérification (takhriǧ) de ce ḥadîth ; enfin, Ibn al-Qayyim, dans Rawḍat al-Muḥibbîn (p. 200 et s.), propose un tawjîh ḥasan de son sens. (2) Muḥammad b. ʿAbd al-Wahhâb al-Baṣrî, figure de proue de l’école muʿtazilite, mort en 303 de l’Hégire. Voir sa notice biographique dans Târîkh al-Islâm, t. 7, p. 70 ; Wafayât al-a‘yân, t. 4, p. 267 ; al-Ansâb d’al-Sam‘ânî, t. 2, p. 17. (3) Il s’agit du verset suivant : « Le fornicateur n’épouse qu’une fornicateuse ou une associatrice, et la fornicateuse n’est épousée que par un fornicateur ou un associateur. Cela est interdit aux croyants. » (Sourate an-Nûr, v. 3)
فإنه في أحد القولين في مذهب أحمد يجب عليه أَنْ يطلقها إذا كانت مُصِرَّة على ترك الصلاة أو على فعل الفاحشة، ومذهب أحمد أنه لا يجوز له أن يتزوج الزانية حتى تتوب كما دل عليه الكتاب والسُنة، وضَعَّفَ حديث: إِنَّ امرأتي لا ترد يد لامس (١) ، ولم يُجَوِّز للرجل أَنْ يكون ديوثًا، مع أَنَّ بعض أهل الكلام كأبي علي الجُبَّائي (٢) ذكر الإجماع على جواز ذلك! وادَّعى أن آية النور (٣) منسوخة بمثل هذا الإجماع، سواء قيل الإجماع هو الناسخ أو هو دليل على الناسخ؛ ولبسط خطأ المُدَّعين لهذه الإجماعات المخالفة للكتاب والسُنة وآثار الصحابة موضع آخر. والمقصود هنا: أنه إذا كان الطلاق المحلوف به غيرَ واجب ولا مستحب، والعتق المحلوف به مستحب ولو نَذَرَهُ لصار واجبًا بالنذر، والطلاق لا يجب بالنذر، ثم الصحابة - رضي الله عنهم - المتقدمون أفتوا في تعليق العتق ونذر الطاعات إذا قُصِدَ به اليمين: أنه لا يلزم، لكونه يمينًا مكفَّرة،
(١) أخرجه الشافعي في مسنده (برقم ١٢٠٦)، وأبو داود (١٨٥١)، والنسائي (٣٤٦٥) وغيرهم من حديث ابن عباس - رضي الله عنهما -. قال الإمام أحمد: ليس له أصل ولا يثبت. وقال النسائي: والصواب مرسل. انظر: نصب الراية (٣/ ٣٥٣)، البدر المنير (٨/ ١٧٧)، ولابن حجر رسالة في الكلام على هذا الحديث ذهب فيه إلى صحته، ولابن المبرد (يوسف بن عبد الهادي) رسالة مخطوطة في تخريج الحديث، ولابن القيم في روضة المحبين (ص ٢٠٠ وما بعدها) توجيه حسن لمعنى الحديث. (٢) هو: محمد بن عبد الوهاب البصري، رأس المعتزلة، توفي سنة (٣٠٣). انظر في ترجمته: تاريخ الإسلام (٧/ ٧٠)، وفيات الأعيان (٤/ ٢٦٧)، الأنساب للسمعاني (٢/ ١٧). (٣) وهي قوله تعالى: {الزَّانِي لَا يَنْكِحُ إِلَّا زَانِيَةً أَوْ مُشْرِكَةً وَالزَّانِيَةُ لَا يَنْكِحُهَا إِلَّا زَانٍ أَوْ مُشْرِكٌ وَحُرِّمَ ذَلِكَ عَلَى الْمُؤْمِنِينَ} [النور: ٣].

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