Tel est l’avis retenu par Ibn Ḥazm et d’autres encore (1).
Quant à l’affranchissement, nous ne connaissons personne qui ait exigé, pour qu’il prenne effet, l’intention de se rapprocher d’Allāh, hormis une opinion isolée rapportée de certains individus, comme cela a été mentionné au sujet de quelques chiites. Ceux-ci disposent d’une formule attribuée à certains jurisconsultes de la Famille du Prophète (2), de même qu’il a été rapporté d’Ibn ʿAbbās – qu’Allāh soit satisfait de lui et de son père – qu’il a dit : « L’affranchissement est ce par quoi l’on recherche la Face d’Allāh, tandis que le divorce est motivé par un désir » (3).
Et si l’on soutient qu’ils ont fait de l’intention de rapprochement une condition pour la validité de l’affranchissement, alors – de la même manière – ils considèrent également que la présence d’un désir est une condition pour que le divorce prenne effet. Quant aux savants de la Famille [du Prophète] auxquels on attribue cette opinion, on rapporte d’eux, en même temps, que le divorce subordonné
(1) Ibn al-Ḥaẓm, al-Muḥallā, p. 1189 : « Ils se sont appuyés sur les récits transmis : “Trois formules : lorsqu’elles sont prononcées sérieusement, elles ont effet ; lorsqu’elles sont énoncées en plaisanterie, elles ont pourtant effet.” » Abū Muḥammad réplique : « Ce sont tous des récits faibles, aucun n’est authentique ; et même s’ils l’étaient, ils ne sauraient constituer une preuve, car la personne contrainte n’agit ni sérieusement dans son divorce ni en plaisanterie. Il s’ensuit qu’ils ne peuvent produire aucun effet juridique. »
(2) Al-Kulaynī, al-Kāfī (vol. 6, p. 113), d’après Abū ‘Abd-Allāh (paix sur lui) : « Il n’y a d’affranchissement que pour la Face de Dieu (‘azza wa jall). » Ibn al-Qayim, Badā’i‘ al-Fawā’id (vol. 3, p. 1060), note : « Les Imāmīes affirment que l’affranchissement n’est effectif que s’il est intentionnellement accompli comme acte de piété (li-l-qurbah), car ils en font une adoration, et l’adoration n’est valable qu’avec la niyya (intention). » Ibn ‘Aqīl commente : « Il n’y a pas de mal à admettre cette position, d’autant plus qu’ils soutiennent que le divorce ne prend effet qu’en conformité avec la Sunna et l’ordre divin, et non comme simple acte méritoire ; à plus forte raison pour l’affranchissement, qui est un acte méritoire ! » Voir supra p. 5, 11-12 et 370-371.
(3) Voir supra p. 264.