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L’objecteur a dit :
« Prétendre que les Compagnons aient émis des fatwâs au sujet de l’affranchissement est une prétention démesurée, car l’expression “les Compagnons”, nom pluriel précédé de l’article défini, implique la généralité, et l’on n’a jusqu’à présent établi cela, de manière explicite, que pour trois seulement d’entre eux, parmi les derniers. Comment donc justifier une telle assertion sans réserve ? » (1).
Réponse :
Une question de ce genre ne mérite pas de réponse, car elle ne débouche que sur une querelle de termes. Si l’on ouvrait cette porte contre l’objecteur, maintes questions pourraient lui être adressées ; pourtant il l’ouvre contre le répondant, alors que ce qu’il avance est manifestement erroné. En vérité, la prétention ne serait excessive que si le répondant avait affirmé que chacun des Compagnons avait tenu cet avis. Or l’objecteur sait – et quiconque médite les paroles du répondant le sait – qu’il n’a pas voulu dire cela ; il visait plutôt la catégorie des Compagnons, c’est-à-dire ceux évoqués dans le hadith de Laylâ bint al-‘Ajmâ’, ainsi que les récits concordants rapportés d’autres Compagnons dans divers cas.
Le hadith de Laylâ mentionne : Ibn ‘Umar, Ḥafṣah et Zaynab ; une version y ajoute : ‘Â’ishah, Ibn ‘Abbâs et Abû Hurayrah ; une autre encore rapporte : Umm Salamah. En dehors de ce hadith, on possède de Ibn ‘Abbâs et ‘Â’ishah des propos allant dans le même sens.
Dès lors, l’article défini se rapporte soit aux Compagnons – à savoir ceux-ci –, et il est notoire que la particule de définition sert à déterminer le nom qu’elle précède : s’il existe une référence précise, elle s’y rattache ; à défaut, elle renvoie à l’espèce elle-même, car c’est là la référence connue chez les Compagnons.