Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Ainsi, si l’appellation de « croyants » et celle de « communauté de Muḥammad – paix et bénédictions d’Allah sur lui – » les englobe, si, de plus, ils exercent la réflexion et l’argumentation, et que leur religion leur commande de viser la vérité, il ne reste plus aucun motif pour refuser de tenir compte de leur avis.

En effet, l’obstacle qui empêche de les considérer est soit l’ignorance, soit la mauvaise intention ; quiconque ne connaît pas les preuves de la Sharîʿa est pécheur – à la différence d’eux –, et il lui incombe de suivre les savants (1).

Quant aux gens du commun, l’on a discuté de la validité de leur désaccord ; la plupart des autorités n’en tiennent pas compte (2).

En réalité, les gens du commun ne font qu’imiter les savants ; il est donc impossible que les savants s’accordent sur une question tandis que les profanes les contredisent. S’il arrive qu’un profane parle sans preuve, c’est un ignorant dont la parole n’a aucune valeur ; mais s’il parle muni d’une preuve, il appartient aux gens de l’ijtihâd dans la question concernée, même s’il ne l’est pas dans les autres, car l’ijtihâd admet la partialité et la divisibilité.

La plupart des savants ignorent certains aspects de la Sharîʿa ; si l’on ne qualifiait de mujtahid que celui qui connaît toutes les règles ou est capable de les connaître toutes, il n’y aurait dans l’Umma aucun mujtahid, à l’exception, peut-être, d’un homme tel Abû Bakr aṣ-Ṣiddîq – qu’Allah l’agrée – dont on ne sait pas qu’il ait jamais commis d’erreur, dans quelque question juridique que ce soit, en exerçant un ijtihâd contredisant un texte, tandis que pour les autres, en revanche

(1) Dans l’original, on constate les traces d’une rature pratiquée par le copiste sur les lettres lām, alif et fāʾ. (2) al-Fuṣūl fī ʿilm al-uṣūl, t. 3, p. 285 ; al-Baḥr al-Muḥīṭ fī uṣūl al-fiqh, t. 4, p. 461 et suiv.
فإذا كان اسم المؤمنين وأمة محمد - صلى الله عليه وسلم - يتناولهم، ولهم نظرٌ واستدلالٌ، ولهم دين يُوجب قصدهم الحق = لم يبقَ وَجْهٌ لمنع الاعتداد بهم. فإنَّ المانع من الاعتداد بهم: إما عدم العلم، وإما سوء القصد؛ فَمَنْ لم يكن عارفًا بأدلة الشرع فهو عاصٍ بخلافهم (١) ، يجب عليه اتباع العلماء. والعامة قد تُنُوزِعَ في الاعتداد بخلافهم؛ والأكثرون لا يعتدون بخلافهم (٢) . وحقيقة الأمر: أَنَّ العامة مقلدة للعلماء، فيمتنع أن يجتمع العلماء على شيء ينازعهم فيه العامة، وإذا قُدِّرَ عاميٌّ يتكلم بلا حجة فهذا جاهل لا قول له، وإنْ تكلَّمَ بحجةٍ فهو من أهل الاجتهاد [١٨٤/ أ] في تلك المسألة، وإِنْ لم يكن من أهل الاجتهاد في غيرها، فإنَّ الاجتهاد مما يقبل التبعيض والتجزؤ؛ فأكثر العلماء يخفى عليهم بعض الشرع، فلو لم يكن المجتهد إلا مَنْ يَعرف جميعَ الأحكام أو يمكنه معرفة جميع الأحكام = لم يكن في الأمة مجتهد، اللهم إلا أن يكون مثل أبي بكر الصديق - رضي الله عنه - الذي لم يُعرف أنه أخطأ في مسألة من مسائل الشرع فاجتهد اجتهادًا يخالف نصًّا، بخلاف غيره فإنَّ
(١) يظهر في الأصل أثر شطب وضعه الناسخ على اللام والألف والفاء. (٢) الفصول في علم الأصول (٣/ ٢٨٥)، البحر المحيط في أصول الفقه (٤/ ٤٦١ وما بعدها).

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