La plupart des savants soutiennent qu’il faut tenir compte de leur divergence lorsqu’ils appartiennent à la communauté de l’Islâm, car ils entrent dans l’appellation de « Umma » et de « croyants » (1).
Ils ont également divergé à propos de la considération due aux propos des pervers notoires (ahl al-fisq) qui ont conscience de leur propre perversité ; toutefois, la majorité ne tient pas compte de leurs paroles, pas plus que — de l’avis unanime des savants — on n’accepte leur témoignage ni leurs avis juridiques (2).
Quant aux interprétants parmi les gens des passions, Abû Ḥanîfa, ash-Shâfiʿî et d’autres acceptent leur témoignage sans restriction, tandis que Mâlik, Aḥmad et d’autres le rejettent [183 b].
Cependant, l’examen approfondi du madhhab d’Aḥmad et d’autres fuqahâ’ du ḥadîth montre qu’ils distinguent, en matière de témoignage, de narration et de boycottage (hajr), entre celui qui fait la propagande de son innovation et celui qui ne la propage pas (3). Quiconque faisait la propagande d’une bidʿa était boycotté : on ne rapportait pas de hadith de lui et on ne l’appelait pas à témoigner, à la différence de celui qui ne faisait pas de prosélytisme. C’est pourquoi les auteurs des Ṣaḥîḥ et des Sunan n’ont rien rapporté des propagandistes de l’innovation, alors qu’ils ont rapporté de certains kharijites, chiites, qadarites et murji’ites. Le propagandiste fut boycotté parce qu’il rendait manifeste l’acte répréhensible, méritant ainsi une sanction, dont la plus légère est le boycottage.
S’agissant de la controverse avec eux dans les questions de la Sharîʿa, les Anciens comme les Postérieurs n’ont cessé de dialoguer avec eux, sans leur dire : « Vous avez contredit le consensus, vous n’avez donc aucune parole à faire valoir », et Ibn ʿAbbâs