Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

et, à d’autres reprises, par celui dont on sait qu’il distingue entre la suspension assortie d’un serment et la suspension opératoire, affirmant que le divorce juré n’a aucun effet et n’entraîne aucune expiation ; parfois encore par celui dont on sait qu’il ne le fait pas advenir tout en prescrivant l’expiation ; ou bien par celui dont on sait qu’il ne le fait pas advenir, sans que l’on sache s’il impose ou non l’expiation. Une seule de ces transmissions suffit à invalider l’argument de quiconque s’appuie sur la simple conjecture d’une absence de divergence ; que dire lorsqu’elles se conjuguent toutes ?! Or toutes ces transmissions se trouvent dans les ouvrages des gens de la Sunnah.

Par ailleurs, la controverse relative au divorce juré et au divorce conditionnel est célèbre dans les livres des chiites ; ils la rapportent des Imams de la Famille prophétique, tels Abū Jaʿfar al-Bāqir, son fils Abū ʿAbd Allāh Jaʿfar ibn Muḥammad, et d’autres encore. S’ils sont véridiques dans ce qu’ils transmettent d’eux, aucun musulman ne saurait douter qu’il faille tenir compte de la divergence de ces Imams : le consensus des tābiʿīn ne peut être valide en présence de la dissidence d’Abū Jaʿfar al-Bāqir et de ses semblables, pas plus qu’un consensus des tābiʿ at-tābiʿīn ne saurait se constituer alors que Jaʿfar ibn Muḥammad et ses pairs s’y opposent. À ce sujet, il existe de nombreuses paroles, par des chaînes de transmission diverses, qu’il est impossible de considérer toutes comme mensongères ; il peut certes s’y trouver quelque erreur ou quelque mensonge délibéré dans certaines d’entre elles, car cela arrive fréquemment.

Quand bien même tout ce qui est rapporté des Gens de la Maison serait faux, il n’en demeure pas moins qu’un grand nombre de personnes — douées de réflexion et d’argumentation — soutiennent que le divorce conditionnel ne prend pas effet et que le divorce juré ne prend pas effet. Ils ne sont d’ailleurs pas seuls à tenir cette position parmi les gens de la Sunnah, puisqu’un groupe de ceux-ci les rejoint.

Les savants ont également divergé au sujet des gens des passions et des innovations : doit-on prendre en considération leur désaccord ? Deux avis célèbres existent à ce propos dans l’école d’Aḥmad, celle d’Abū Ḥanīfah et d’autres. C’est aussi l’avis de la majorité des disciples d’ash-Shāfiʿī ; c’est l’opinion choisie par Abū al-Khaṭṭāb et d’autres savants ḥanbalites.

(1) Dans l’original : « يمنع ».
الإيقاعي وأنه لا يوقع المحلوف به ولا يوجب فيه كفارة، وتارة بمن علم من قوله أنه لا يوقعه ويأمر فيه [١٨٣/ أ] بالكفارة، وتارة بمن عرف قوله أنه لا يوقعه ولم يُدْرَ أيوجب الكفارة أم لا؟ وبواحدٍ من هذه النقول تَبْطُلُ حُجَّةُ من احتج بظنِّ ظانٍّ لعدم النزاع؛ فكيف إذا اجتمعت هذه كلها؟! وهذه النقول كلها موجودة في كتب أهل السنة. وأيضًا؛ فالنزاع في الطلاق المحلوف به والطلاق المعلق مشهور في كتب الشيعة، وهم ينقلونه عن أئمة أهل البيت، كأبي جعفر الباقر وابنه أبي عبد الله جعفر بن محمد وغيرهما، فإنْ كانوا صادقين في هذا النقل عنهم = فلا يستريب مسلم في الاعتدادِ بنزاع هؤلاء، وأنه لا ينعقد إجماع التابعين مع مخالفة أبي جعفر الباقر وأمثاله، ولا إجماع تابعي التابعين مع مخالفة جعفر بن محمد وأمثاله، وفي ذلك نقول كثيرة متعددة بأسانيد مختلفة يمتنع (١) أن تكون كلها كذبًا، لكن يقع فيها غلط أو كذب متعمد في بعضها، فإنَّ هذا يقع كثيرًا. وبتقدير أَنْ يكون كل ما نقل عن أهل البيت كذبًا، فهؤلاء عدد كثير ــ ولهم نظر واستدلال ــ يقولون: إنَّ الطلاق المعلق بالصفة لا يقع، والطلاق المحلوف به لا يقع، وليس ذلك مما انفردوا به عن أهل السنة، بل قد وافقهم طائفة من أهل السنة. وقد تنازع الناس في أهل الأهواء والبدع هل يعتد بخلافهم؟ على قولين مشهورين في مذهب أحمد ومذهب أبي حنيفة وغيرهما، وهذا قول عامة أصحاب الشافعي، وهو اختيار أبي الخطاب وغيره من أصحاب أحمد،
(١) في الأصل: (يمنع).

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