par l’istidlâl ; pourquoi, dès lors, ne serait-il pas licite d’examiner un ijmâʿ déterminé, la possibilité de son existence, la possibilité d’en avoir connaissance, ainsi que l’établissement de tout cela par l’istidlâl ?
Les savants, d’ailleurs, ont discuté de l’unanimité des Compagnons – qu’Allâh les agrée – sur la validité du qiyâs (1) : y a-t-il, oui ou non, un ijmâʿ à ce sujet ? Chacune des deux factions a argumenté par l’istidlâl : l’une a établi, preuves à l’appui, que les Compagnons étaient unanimes, tandis que l’autre a contesté cette prétendue unanimité (2).
De même, lorsque certains ont revendiqué l’ijmâʿ sukûtî, affirmant que, si l’un d’entre eux émettait un avis qui se propageait parmi les gens sans être rejeté, cela devenait un ijmâʿ, d’autres ont réfuté cette revendication par l’istidlâl, en disant : « On n’attribue pas une opinion à celui qui se tait ; leur silence peut avoir diverses raisons » (3).
Il arrive constamment que l’un avance un ijmâʿ, tandis qu’un autre en établit la fausseté ; en effet, les savants ont débattu de nombreux ijmâʿs pour savoir s’ils sont ou non des unanimités qu’il faut suivre : tel le consensus des Tâbiʿîn sur l’une des deux opinions des Compagnons ; leur consensus lorsque la génération n’avait pas encore disparu alors qu’ils pouvaient encore diverger ; le consensus des Tâbiʿîn sans les Compagnons ; l’ijmâʿ de la majorité ; l’ijmâʿ des savants à l’exclusion des profanes, ou à l’exclusion du spécialiste des uṣûl et du ḥadîth ; l’ijmâʿ rapporté par une transmission isolée (khabar al-wâḥid), et ainsi de suite.
Supposons donc qu’un rapporteur affirme un ijmâʿ et que le fondement de son affirmation soit la conviction que certains de ces ijmâʿs sont