Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

par l’istidlâl ; pourquoi, dès lors, ne serait-il pas licite d’examiner un ijmâʿ déterminé, la possibilité de son existence, la possibilité d’en avoir connaissance, ainsi que l’établissement de tout cela par l’istidlâl ?

Les savants, d’ailleurs, ont discuté de l’unanimité des Compagnons – qu’Allâh les agrée – sur la validité du qiyâs (1) : y a-t-il, oui ou non, un ijmâʿ à ce sujet ? Chacune des deux factions a argumenté par l’istidlâl : l’une a établi, preuves à l’appui, que les Compagnons étaient unanimes, tandis que l’autre a contesté cette prétendue unanimité (2).

De même, lorsque certains ont revendiqué l’ijmâʿ sukûtî, affirmant que, si l’un d’entre eux émettait un avis qui se propageait parmi les gens sans être rejeté, cela devenait un ijmâʿ, d’autres ont réfuté cette revendication par l’istidlâl, en disant : « On n’attribue pas une opinion à celui qui se tait ; leur silence peut avoir diverses raisons » (3).

Il arrive constamment que l’un avance un ijmâʿ, tandis qu’un autre en établit la fausseté ; en effet, les savants ont débattu de nombreux ijmâʿs pour savoir s’ils sont ou non des unanimités qu’il faut suivre : tel le consensus des Tâbiʿîn sur l’une des deux opinions des Compagnons ; leur consensus lorsque la génération n’avait pas encore disparu alors qu’ils pouvaient encore diverger ; le consensus des Tâbiʿîn sans les Compagnons ; l’ijmâʿ de la majorité ; l’ijmâʿ des savants à l’exclusion des profanes, ou à l’exclusion du spécialiste des uṣûl et du ḥadîth ; l’ijmâʿ rapporté par une transmission isolée (khabar al-wâḥid), et ainsi de suite.

Supposons donc qu’un rapporteur affirme un ijmâʿ et que le fondement de son affirmation soit la conviction que certains de ces ijmâʿs sont

(1) Le copiste a inscrit au-dessus « kadhā » et a noté en marge « aẓunnuhu khilāf » (« je suppose qu’il s’agit de “khilāf” »). (2) al-Uṣūl d’al-Sarakhsī, vol. 2, p. 118 ; al-Qawāṭiʿ fī uṣūl al-fiqh, vol. 3, p. 871 ; Kashf al-Asrār, vol. 3, p. 432. (3) Voir : « La règle “On n’attribue pas de propos à celui qui se tait” et ses applications en fiqh », Dr Ahmad ibn Muhammad al-Sarāh.
بالاستدلال، فَلِمَ لا يجوز الكلام في إجماع معين وإمكانه وإمكان العلم به، ووقوع ذلك بالاستدلال؟ والناس قد تكلموا في إجماع الصحابة ــ رضوان الله عليهم ــ على جواز (١) القياس: هل فيه إجماع أم لا؟ وكلٌّ من الطائفتين تكلمت في ذلك بالاستدلال؛ فطائفة أثبتت إجماعهم عليه بالاستدلال، وطائفة نازعت في ذلك (٢) . ولما ادعى قومٌ الإجماع السكوتي، فقال: إِنَّ بعضهم إذا قال قولًا فانتشر في الناس ولم ينكروه صار إجماعًا، نازعهم آخرون في دعوى هذا الإجماع بالاستدلال، وقالوا: لا ينسب إلى ساكت قول، وقالوا: قد يكون سكوتهم لكذا وكذا (٣) . وما زال الناس يَدَّعِي أحدهم [١٨٢/ ب] إجماعًا، ويقيم الآخر الدليل على بطلانه؛ فإنَّ الناس تنازعوا في إجماعات متعددة هل هي إجماعات يجب اتباعها؛ كإجماع التابعين على أحد قولي الصحابة، وكإجماعهم إذا لم ينقرض العصر حتى تنازعوا، وكإجماع التابعين دون الصحابة، وكإجماع الجمهور، وكإجماع العلماء دون العامة، أو دون العالم بالأصول والحديث، وكالإجماع المنقول بخبر الواحد ونحو ذلك. فإذا قُدِّرَ أَنَّ ناقلًا نقل إجماعًا ومستنده اعتقادُهُ بعضَ هذه الإجماعات أنها
(١) كتب الناسخ فوقها (كذا)، وفي الهامش: أظنه (خلاف). (٢) أصول السرخسي (٢/ ١١٨)، القواطع في أصول الفقه (٣/ ٨٧١)، كشف الأسرار (٣/ ٤٣٢). (٣) انظر: قاعدة (لا ينسب لساكت قول) وتطبيقاتها الفقهية، للدكتور أحمد بن محمد السراح.

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