Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

qui est voulue comme un serment constitue bien un serment parmi les serments des musulmans ; tel est, selon Abû Thawr – comme nous l’avons exposé –, le sens qu’impose la preuve, et aucun argument contraire ne l’infirme.

Il est, par ailleurs, notoire que l’ijmâʿ ne se forme jamais en opposition aux preuves légales, mais toujours en conformité avec elles ; il est donc certain qu’un consensus est impossible dans un cas de la sorte. C’est pourquoi l’on constate, dans toute situation (1) où un consensus avéré est rapporté, la présence d’une preuve scripturaire établissant la règle.

Quant à l’affirmation selon laquelle le divorce assorti d’un serment se réalise effectivement, elle n’a été transmise ni explicitement ni même implicitement d’aucun Compagnon. Pas davantage n’a-t-on recueilli des Successeurs une formulation générale voulant que quiconque jure par le divorce y soit assujetti. La plupart des transmissions ne sont, en réalité, que des fatwâs relatives à des cas particuliers : certaines laissent clairement entendre qu’il s’agit d’un serment, d’autres qu’il s’agit d’un acte de répudiation, d’autres encore se prêtent aux deux interprétations. Parmi celles qui manifestent clairement la nature de serment – où l’auteur répugne à la réalisation de ce qu’il a suspendu –, le nombre est réduit : on n’en compte guère qu’une dizaine.

Peut-on donc soutenir que la parole de dix, quinze ou vingt Successeurs constitue un ijmâʿ infaillible obligeant toute la Ummah à s’y conformer, alors même que l’on rapporte d’aucuns d’entre eux une divergence ? Et faudrait-il pour ce prétendu consensus délaisser l’indication du Livre, de la Sunnah et de l’analogie évidente ?

Les imâms, pour leur part, contredisent sur la base du Livre et de la Sunnah, tels qu’ils les comprennent, des questions au sujet desquelles plus d’un auteur avait pourtant rapporté un consensus. Ainsi, ash-Shâfiʿî a-t-il contredit (2) l’avis prétendument unanime en rendant obligatoire la récitation pour le maʾmûm lors de la prière à voix haute, en raison de la portée générale de la parole du Prophète – صلى الله عليه وسلم – : « Il n’y a pas de prière sans la Mère du Livre » (3) ; de même qu’Aḥmad b. Ḥanbal l’a fait lorsque

(1) Addition rendue nécessaire par le contexte. (2) Dans le texte original : « لمخالفة », la lecture correcte étant « ما أثبتُّ ». (3) Rapporté en ces termes par al-Bazzâr dans son Musnad (t. 7, p. 146), d’après le hadith d’ʿUbayda ibn as-Sâmit — qu’Allah l’agrée —, qui précise : « Ce hadith a également été transmis par az-Zuhrî, dans une formulation analogue, de Mahmûd d’après ʿUbayda de la part du Prophète — paix et salut sur lui — ; or Mahmûd ibn ar-Rabîʿ a côtoyé le Prophète, paix et salut sur lui. » De même, al-Bukhârî (n° 756) et Muslim (n° 394) le rapportent dans un contenu comparable.
الذي يقصد به اليمين يمينٌ من أيمان المسلمين، وهذا مقتضى الدليل عند أبي ثور ــ كما تقدم ــ، ولم يخالفه لدليل يناقض هذا. ومعلومٌ أَنَّ الإجماع لا ينعقد على خلاف الأدلة الشرعية، بل على وفقها= فعلم امتناع الإجماع في مثل هذا، ولهذا يوجد [في] (١) كل صورةٍ فيها [١٨١/ ب] إجماعٌ معلومٌ يكون فيها دليلٌ شرعيٌ يثبت به الحكم. ثم القول بوقوع الطلاق المحلوف به ليس منقولًا نقلًا صريحًا عن أحدٍ من الصحابة، بل ولا ظاهرًا، ولم يُنقل عن التابعين لفظٌ عامٌّ أَنَّ كل مَنْ حلف بالطلاق يلزمه، بل عامة النقول فتاوى في أمورٍ جزئية: منها ما يظهر أنه يمين، ومنها ما يظهر أنه إيقاع، ومنها ما يحتمل الأمرين، والذي يظهر أنه يمين يَكرَهُ فيها الحالف لزوم ما عَلَّقَه قليلٌ بالنسبةِ إلى غيره، إنما ثبت ذلك عن نحو عشرةِ أنفس؛ فهل يجوز أَنْ يقال: قول عشرة أو خمسة عشر أو عشرين من التابعين هو إجماع معصوم يجب على الأمة اتباعه مع أن عن بعضهم نزاعًا؟ وأنه يجب ترك دلالة الكتاب والسنة والقياس الجلي لمثل هذا الذي يُدَّعَى أنه إجماع؟ والأئمة يخالفون بموجب الكتاب والسنة عندهم ما نَقَلَ فيه غيرُ واحدٍ الإجماعَ كمخالفةِ (٢) الشافعي بإيجاب القراءة على المأموم في حال الجهر، لعموم قوله - صلى الله عليه وسلم -: «لا صلاة إلا بأم القرآن» (٣) لما نَقَلَ أحمد بن حنبل
(١) إضافة يقتضيها السياق. (٢) في الأصل: (لمخالفة)، والصواب ما أثبتُّ. (٣) أخرجه بهذا اللفظ: البزار في مسنده (٧/ ١٤٦) من حديث عبادة بن الصامت - رضي الله عنه - وقال: وهذا الحديث قد رواه الزهري ــ أيضًا ــ بنحو هذا الكلام عن محمود عن عبادة عن النبي - صلى الله عليه وسلم -، ومحمود بن الربيع قد أدرك النبي عليه السلام. وبنحوه أخرجه البخاري (٧٥٦)، ومسلم (٣٩٤).

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