— ainsi que l’a rapporté Ibn Ḥazm —, cela empêcherait d’affirmer avec certitude que l’opinion d’Abû Thawr, selon laquelle il n’existe aucun désaccord à ce sujet, est correcte ;
car lorsque quelqu’un déclare : « Il n’y a, dans l’école d’untel, aucune divergence », ou : « Il n’existe, entre les quatre imâms, aucune divergence à ce propos », alors que cette affirmation n’est transmise que par un seul narrateur,
et qu’un autre rétorque : « Il y a bel et bien divergence à ce sujet », ou : « Cette question a été rapportée par d’autres que ce narrateur », nous ne pouvons, avant de savoir laquelle des deux paroles est la plus fondée, nier catégoriquement l’existence d’une controverse ; dès lors, il est illicite de prétendre à l’ijmâʿ dans ce cas, et l’énoncé :
« Nous serions mieux placés pour revendiquer le consensus, si nous le revendiquions »
se trouve caduc.
Troisièmement, il est reconnu que l’ijmâʿ infaillible de la communauté (1) ne se forme qu’à partir d’une preuve légale, qu’il s’agisse d’un texte explicite ou d’un qiyâs, car une parole sans preuve n’est qu’une parole dépourvue de science. C’est pour cette raison qu’un groupe de savants a récusé l’opinion de Yûnus b. ʿImrân, qui admettait la possibilité d’un ijmâʿ sans preuve (2), car il est impossible qu’un consensus se réalise en contradiction avec une preuve révélée.
Il est également manifeste qu’aucun texte ni aucun qiyâs n’indique que celui qui se propose de jurer par le divorce, l’affranchissement, le ẓihâr ou l’interdiction, tout en répugnant à ce que ces actes se concrétisent si la condition survient, ne serait pas considéré comme prêteur de serment, mais plutôt comme prononciateur de divorce, au même titre que les autres. Il n’existe, dans la Sharîʿah, aucune analogie étayant cette prétention : jamais un serment conditionnel n’a été consacré, par un texte ou par un consensus, comme imposant à celui qui l’a formulé l’engagement qu’il a pris, de sorte qu’on puisse assimiler ce cas à un précédent. Or, le Livre, la Sunnah et le raisonnement analogique ne montrent qu’une seule chose : à savoir que la suspension