Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Il a dit :

« Le serment prononcé par le divorce n’est rien » (1).

On demanda alors à son fils ʿAbd Allâh : « Le considérait-il comme un serment ? » — Il répondit : « Je ne sais pas. » Ce propos a été rapporté par ʿAbd al-Razzâq d’après Ibn Jurayj, lequel rapporte encore, par l’intermédiaire de son fils, qu’à ses yeux il s’agissait d’un serment ferme et contraignant (2).

Ṭâwûs compte parmi les plus éminents des Tâbiʿîn. Il ne tient pas le serment par le divorce pour une mise à exécution du divorce ; il le considère plutôt comme un serment valide qui rend obligatoire une expiation, tout comme il considère que le serment par l’affranchissement et celui formulé au moyen d’un vœu requièrent une expiation. Son avis est donc constant dans ce domaine, et les récits authentiquement transmis des Compagnons — qu’Allah soit satisfait d’eux — concernant cette suspension à titre de serment corroborent sa position.

Deuxième point :

Il a déclaré : « Nous serions mieux fondés à revendiquer sa confirmation, si nous la revendiquions, car nous avons avec nous la transmission de trois — voire davantage — des imâms de la communauté musulmane. » La réponse à cela a déjà été donnée (3) : Ibn al-Mundhir n’a pas rapporté un consensus général, et Abû Thawr n’a relaté qu’un consensus concernant l’absence d’expiation. S’il l’a rapporté pour les deux questions, il suit en cela Ibn Naṣr, car ce dernier a transmis un consensus affirmant la réalisation du divorce juré et la négation de l’expiation, à l’exemple d’Abû Thawr.

Or Abû Thawr précise : « Par consensus, j’entends l’absence de toute divergence connue. » Même s’il ne l’avait pas dit, il est clair qu’il ne saurait affirmer l’inexistence absolue d’une opinion contraire ; au mieux, il ne dispose que d’une conjecture. L’affaire se ramène donc à la conjecture d’Abû Thawr quant à l’absence de contestation.

Il est manifeste, cependant, que si l’on rencontrait ne fût-ce qu’une part de la divergence mentionnée, cela suffirait à empêcher d’affirmer catégoriquement l’existence d’un consensus. Ainsi, quand bien même la seule opinion opposée serait celle d’Abû ʿAbd al-Raḥmân al-Shâfiʿî niant la validité du divorce conditionnel, cette seule divergence entamerait la solidité du consensus allégué.

(1) Le copiste a inscrit en marge « shayʾan », au-dessus duquel figure la lettre « kh ». (2) Sa référence a été donnée plus haut (p. 220). (3) Voir p. 597 et suivantes.
أنه قال: (ليس الحلف بالطلاق بشيء) (١) . فقيل لابنه عبد الله: (أكانَ يراه يمينًا؟ فقال: لا أدري) . رواه عبد الرزاق عن ابن جريج، وَنَقَلَ عن ابنه عنه أنه كان عنده يمينًا منعقدة (٢) . وطاووس من أجل كبار التابعين، وهو لم يجعل الحلف بالطلاق إيقاعًا له، بل يجعله يمينًا منعقدة موجبة للكفارة، كما يجعل الحلف بالعتق يمينًا مكفرة، والحلف بالنذر يمينًا مكفرة، فقوله مطردٌ في هذا الباب، وعلى قوله يدل ما قد ثبت نقله عن الصحابة ــ رضوان الله عليهم ــ في هذا التعليق الذي يقصد به اليمين. الوجه الثاني: قوله: (نحن أسعد بدعوى ثبوته لو ادعيناه، لأنَّ معنا نقل ثلاثة أو أكثر من أئمة المسلمين) تقدم جوابه (٣) أَنَّ ابن المنذر لم ينقل إجماعًا عامًا، وأبو ثور إنما حكى الإجماع على نفي الكفارة، وإنْ كان قد حكاه عليهما فهو كابن نصر؛ فإنَّ ابن نصر حكى الإجماع على لزوم الطلاق المحلوف به ونَفْيِ الكفارة اتباعًا لأبي ثور، وأبو ثور يقول: معنى الإجماع عندي: عدم علمي بالمنازع؛ ولو لم يقل ذلك فمعلوم أنه ليس عالمًا بنفي المنازع، وغاية ما عنده الظن، فقد عاد الأمر إلى ظَنِّ أبي ثور لعدم النزاع. ومعلومٌ أنه لو لم يعارض ذلك إلا بعض ما يذكر من النزاع = لمنع ذلك الجزم بوقوع الإجماع، فلو لم يعارض ذلك إلا قول أبي عبد الرحمن الشافعي بنفي وقوع الطلاق المعلق = لقدح ذلك في هذا الإجماع.
(١) كتب الناسخ في الهامش: (شيئًا)، وفوقها حرف (خ). (٢) تقدم تخريجه في (ص ٢٢٠). (٣) في (ص ٥٩٧ وما بعدها).

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