Il a été rappelé plus haut les mérites d’Abû ʿAbd al-Raḥmân, son antériorité tant sur le plan du savoir que dans le temps (1), ainsi que le fait qu’il compta parmi ceux qui accompagnèrent l’imâm al-Shâfiʿî – qu’Allah l’agrée – à Bagdad au cours du deuxième siècle. On a même affirmé qu’il fut le plus éminent de ses compagnons, ceux qui défendirent son école à Bagdad, contrairement à ce qu’a imaginé notre objectant : celui-ci n’a pas su en estimer la valeur et a cru qu’il appartenait à la période postérieure à l’an trois-cents. C’est là l’avis d’Ibn Ḥazm, partagé par nombre de shaykhs chiites tels qu’al-Mufîd, Abû Jaʿfar al-Ṭûsî et Abû l-Qâsim al-Mûsawî, qui le rapportent des imâms de la Famille du Prophète. Or les chaînes de transmission authentiques que nous avons consultées, attribuées à Abû Jaʿfar Muḥammad al-Bâqir, à Jaʿfar ibn Muḥammad (2) et à d’autres savants d’Ahl al-Bayt – qu’Allah leur accorde Sa satisfaction – ne concernent que celui qui formule une suspension en ayant l’intention d’un serment ; ils ont alors émis la fatwâ selon laquelle le divorce ne lui incombe pas.
En résumé, au sujet du divorce subordonné à une condition, trois opinions sont connues, chacune défendue par des autorités reconnues : la première affirme qu’il prend effet de manière absolue ; la deuxième soutient qu’il ne prend jamais effet ; la troisième distingue entre la suspension formulée à titre de serment – auquel cas le divorce ne se réalise pas – et celle formulée dans l’intention de le mettre réellement à exécution – auquel cas il se réalise.
Puis, si l’on retient que celui qui jure par le divorce n’est pas lié par celui-ci, se pose la question de savoir s’il doit s’acquitter d’une expiation de serment ; sur ce point, deux avis existent.
Ainsi, l’on compte quatre opinions au total, et chacune d’elles a été adoptée par un groupe de savants musulmans. Il est en outre établi, d’après le ḥadîth rapporté par Ibn ʿUyaynah et Ibn Jurayj, d’après ʿAbd Allâh ibn Ṭâwûs, d’après son père Ṭâwûs