Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Il a été rappelé plus haut les mérites d’Abû ʿAbd al-Raḥmân, son antériorité tant sur le plan du savoir que dans le temps (1), ainsi que le fait qu’il compta parmi ceux qui accompagnèrent l’imâm al-Shâfiʿî – qu’Allah l’agrée – à Bagdad au cours du deuxième siècle. On a même affirmé qu’il fut le plus éminent de ses compagnons, ceux qui défendirent son école à Bagdad, contrairement à ce qu’a imaginé notre objectant : celui-ci n’a pas su en estimer la valeur et a cru qu’il appartenait à la période postérieure à l’an trois-cents. C’est là l’avis d’Ibn Ḥazm, partagé par nombre de shaykhs chiites tels qu’al-Mufîd, Abû Jaʿfar al-Ṭûsî et Abû l-Qâsim al-Mûsawî, qui le rapportent des imâms de la Famille du Prophète. Or les chaînes de transmission authentiques que nous avons consultées, attribuées à Abû Jaʿfar Muḥammad al-Bâqir, à Jaʿfar ibn Muḥammad (2) et à d’autres savants d’Ahl al-Bayt – qu’Allah leur accorde Sa satisfaction – ne concernent que celui qui formule une suspension en ayant l’intention d’un serment ; ils ont alors émis la fatwâ selon laquelle le divorce ne lui incombe pas.

En résumé, au sujet du divorce subordonné à une condition, trois opinions sont connues, chacune défendue par des autorités reconnues : la première affirme qu’il prend effet de manière absolue ; la deuxième soutient qu’il ne prend jamais effet ; la troisième distingue entre la suspension formulée à titre de serment – auquel cas le divorce ne se réalise pas – et celle formulée dans l’intention de le mettre réellement à exécution – auquel cas il se réalise.

Puis, si l’on retient que celui qui jure par le divorce n’est pas lié par celui-ci, se pose la question de savoir s’il doit s’acquitter d’une expiation de serment ; sur ce point, deux avis existent.

Ainsi, l’on compte quatre opinions au total, et chacune d’elles a été adoptée par un groupe de savants musulmans. Il est en outre établi, d’après le ḥadîth rapporté par Ibn ʿUyaynah et Ibn Jurayj, d’après ʿAbd Allâh ibn Ṭâwûs, d’après son père Ṭâwûs

(1) Voir pp. 380, 833 et suivantes. (2) Dans Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ d’al-Dhahabī (vol. 4, p. 401), dans la notice consacrée à Abū Jaʿfar, il est écrit : « Il n’est pas prolifique ; et, en matière de transmission, il est, comme son père et comme son fils Jaʿfar, dans la même situation : aucun d’entre eux ne transmet un grand nombre de hadiths, mais ils traitent des questions de jurisprudence (masā’il) et émettent des fatwās. »
وقد تقدم ذكر أبي عبد الرحمن وتقدمه في العلم والزمان (١) ، وأنه كان ممن صحب الشافعي - رضي الله عنه - ببغداد في المائة الثانية، بل قد قيل: إنه كان أجل أصحابه الذَّابِّين عن مذهبه ببغداد، بخلاف ما ظنه هذا المعترض، فإنه لم يعرف قَدْرَهُ، وظن أنه كان بعد الثلاث مائة، وهو قول ابن حزم وقولُ كثيرٍ من شيوخِ الشيعة كالمفيد وأبي جعفر الطوسي وأبي القاسم الموسوي، ونقله عن الأئمة من أهل البيت، لكن النقل الذي وجدناه مسندًا عن أبي جعفر محمد الباقر وجعفر بن محمد (٢) وغيرهما من علماء أهل البيت ــ رضوان الله عليهم ــ إنما هو فيمن عَلَّقَ تعليقًا يقصد به اليمين فأفتوا بأنه لا يلزمه الطلاق. وفي الجملة؛ ففي الطلاق المعلَّق بالصفة ثلاثة أقوال، كل قول له قائل معروفٌ: قولٌ بلزومه مطلقًا، وقولٌ بأنه لا يلزم، وقولٌ بالفرق بين التعليق الذي [١٨٠/ ب] يقصد به اليمين فلا يقع والذي يقصد به الإيقاع فيقع. ثم إذا قيل: إنَّ الحالف به لا يلزمه الطلاق، فهل عليه كفارة يمين؟ على قولين. فهذه أربعة أقوال؛ وبكل قول أفتى طائفة من علماء المسلمين، وقد ثبت من حديث ابن عيينة وابن جريج عن عبد الله بن طاووس، عن أبيه طاووس
(١) انظر (ص ٣٨٠، ٨٣٣ وما بعدها). (٢) قال الذهبي في سير أعلام النبلاء (٤/ ٤٠١) في ترجمة أبي جعفر: (وليس هو بالمكثر، وهو في الرواية كأبيه وابنه جعفر، ثلاثتهم لا يبلغ حديث كل واحد منهم جزءًا ضخمًا، ولكن لهم مسائل وفتاوى).

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