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L’objectant a déclaré :
(« Sa parole : “Il est devenu manifeste qu’il n’existe pas de consensus sur ce point.”
Nous répondons :
Il n’en est rien ; bien au contraire, nous serions mieux lotis pour revendiquer l’affirmation de ce consensus(1), si nous la formulions, car nous disposons de la transmission de trois – voire davantage – parmi les imams des musulmans, et la réfutation d’un rapport de consensus ne se fait pas par l’argumentation rationnelle ou l’analogie, mais uniquement par une transmission explicite »)(2).
La réponse se décline sous plusieurs aspects.
Premier aspect :
on dira que la manifestation – ou l’absence de manifestation – d’un fait est une notion relative.
Si l’objectant veut dire qu’il ne lui est pas devenu manifeste parce qu’il n’a pas rencontré de divergence à ce sujet, cela n’empêche nullement que la chose soit manifeste pour d’autres. Mieux encore, les ouvrages qu’il possède, s’il considérait attentivement ce qu’ils renferment comme transmissions, lui rendraient manifeste, à lui aussi, qu’il n’y a pas de consensus en la matière.
Ainsi, dans le Kitâb al-Ijmâʿ d’Ibn Ḥazm – où il rapporte le consensus sur la réalisation du ṭalâq conditionnel qui n’a pas été formulé sous la forme d’un serment – il mentionne néanmoins la divergence concernant le divorce conditionnel exprimé comme un serment : s’agit-il d’un ṭalâq, auquel cas il prend effet, ou d’un serment, auquel cas il ne prend pas effet ? Et comporte-t-il une expiation (kaffâra) ou n’en comporte-t-il pas ?
De même, il a pris connaissance de l’avis d’Abû ʿAbd al-Raḥmân al-Shâfiʿî selon lequel le divorce suspendu à une condition ne se réalise en aucun cas ; voilà donc une divergence touchant tout divorce conditionnel.
(1) Allusion à la preuve de la permanence du consensus.
(2) Fin de la citation de l’objectant.