La parole de Ṭāwūs — qu’Allâh lui fasse miséricorde — est du même ordre que celle d’Ibn ʿAbbâs, d’ʿÂʾishah et d’autres.
Dans le Ṣaḥîḥ, il est rapporté que le Prophète — paix et bénédictions d’Allâh sur lui — fut interrogé au sujet des devins ; il répondit :
« Ils ne sont rien » (1).
Par cette formule, il rejeta ce que l’interrogateur supposait : qu’ils sauraient ce qu’on leur demande et qu’ils diraient vrai. Il l’informa qu’il n’en est rien ; si quelque vérité se trouve parfois dans leurs propos, c’est seulement parce que les démons leur transmettent ce qu’ils ont dérobé en écoutant furtivement.
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Dans le même sens, Allâh — Exalté soit-Il — dit :
« Ô Gens du Livre ! Vous n’êtes sur rien tant que vous n’observez pas la Torah et l’Évangile » (Al-Mâʾidah, 68).
C’est-à-dire : vous n’êtes pas sur la vérité ni sur la voie droite tant que vous ne les mettez pas en pratique ; ainsi Il a démenti leur prétention d’être sur la vérité et la bonne direction.
De même, lorsque les spécialistes de la critique (ahl al-jarḥ) évoquent certains transmetteurs en disant : « Il n’est rien », ils nient par là la crédibilité recherchée, à savoir la fiabilité de leur transmission. Ainsi, lorsqu’ils disent : « Il n’est rien », ils rejettent sa fiabilité de façon absolue, si bien qu’on ne s’y fie pas. Quant à celui dont la véracité et la précision prédominent, bien qu’il puisse se tromper à l’occasion, à propos de celui-là ils ne disent pas : « Il n’est rien » (2).
Le madhhab de Ṭāwūs — qu’Allâh lui fasse miséricorde — est établi par plusieurs voies : jurer par le divorce constitue, selon lui, un serment effectif et non de simples paroles futiles, même si, comme son fils l’a rapporté, aucun divorce n’en découle. Il est également attesté, dans son opinion, que toute formulation conditionnelle employée avec l’intention de jurer est, pour lui, un serment devant être expié.