Et il n’est contraignant que de procéder à la répudiation licite ; c’est pourquoi Sufyân ibn ʿUyaynah n’émettait aucun avis concernant le divorce (1), en raison de la contradiction des traditions qu’il détenait à ce sujet. Or, s’il y avait eu consensus au sujet du serment assorti d’une répudiation, Ibn ʿUyaynah aurait compté parmi les mieux informés et il ne se serait pas abstenu dans une question objet d’unanimité ; en effet, Ibn ʿUyaynah vécut longtemps, il était l’un des plus savants de son époque, et il reçut la science des Tâbiʿûn puis de leurs successeurs ; un tel consensus ne pouvait donc lui échapper, pas plus qu’il n’avait coutume de suspendre son jugement lorsqu’il existait une unanimité. Par ailleurs, l’imâm ash-Shâfiʿî n’a rencontré personne de plus illustre que Mâlik et Ibn ʿUyaynah.
Quant à la parole de Ṭâwûs : « Le serment assorti d’une répudiation n’est rien », elle est connue, dans son idiome, son usage et celui de ses semblables parmi les Salaf, pour signifier qu’il ne s’agit pas d’une répudiation, fût-il requis d’en appliquer une autre conséquence juridique.
Cela a été rapporté par ʿAbd Allâh ibn Aḥmad ibn Ḥanbal d’après son père (2).
Abû Bakr ʿAbd al-ʿAzîz l’a également relaté dans al-Shâfî : (Aḥmad a dit : « Muḥammad ibn Jaʿfar nous a rapporté, Shuʿbah nous a rapporté, d’après ʿAbd al-Malik ibn Maysarah, d’après Ṭâwûs, qu’on l’interrogea au sujet du khulʿ. Il répondit : “Ce n’est rien.” Un interlocuteur lui dit alors : “Tu ne cesses de nous apporter quelque chose dont nous ne savons ce que c’est.” Il répliqua : “Par Allâh, Ibn ʿAbbâs a réconcilié un homme originaire du Yémen et son épouse qu’il avait répudiée…”