Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Et il n’est contraignant que de procéder à la répudiation licite ; c’est pourquoi Sufyân ibn ʿUyaynah n’émettait aucun avis concernant le divorce (1), en raison de la contradiction des traditions qu’il détenait à ce sujet. Or, s’il y avait eu consensus au sujet du serment assorti d’une répudiation, Ibn ʿUyaynah aurait compté parmi les mieux informés et il ne se serait pas abstenu dans une question objet d’unanimité ; en effet, Ibn ʿUyaynah vécut longtemps, il était l’un des plus savants de son époque, et il reçut la science des Tâbiʿûn puis de leurs successeurs ; un tel consensus ne pouvait donc lui échapper, pas plus qu’il n’avait coutume de suspendre son jugement lorsqu’il existait une unanimité. Par ailleurs, l’imâm ash-Shâfiʿî n’a rencontré personne de plus illustre que Mâlik et Ibn ʿUyaynah.

Quant à la parole de Ṭâwûs : « Le serment assorti d’une répudiation n’est rien », elle est connue, dans son idiome, son usage et celui de ses semblables parmi les Salaf, pour signifier qu’il ne s’agit pas d’une répudiation, fût-il requis d’en appliquer une autre conséquence juridique.

Cela a été rapporté par ʿAbd Allâh ibn Aḥmad ibn Ḥanbal d’après son père (2).

Abû Bakr ʿAbd al-ʿAzîz l’a également relaté dans al-Shâfî : (Aḥmad a dit : « Muḥammad ibn Jaʿfar nous a rapporté, Shuʿbah nous a rapporté, d’après ʿAbd al-Malik ibn Maysarah, d’après Ṭâwûs, qu’on l’interrogea au sujet du khulʿ. Il répondit : “Ce n’est rien.” Un interlocuteur lui dit alors : “Tu ne cesses de nous apporter quelque chose dont nous ne savons ce que c’est.” Il répliqua : “Par Allâh, Ibn ʿAbbâs a réconcilié un homme originaire du Yémen et son épouse qu’il avait répudiée…”

(1) Al-Mizzî rapporte dans Tahdhîb al-Kamâl (t. 11, p. 190), d’après la transmission d’Abû al-Ḥasan al-Mîmûnî d’Imâm Aḥmad, que celui-ci disait : « Sufyân b. ‘Uyayna, lorsqu’on l’interrogeait sur les rites (al-manâsik), répondait sans difficulté, mais dès qu’on l’interrogeait sur le divorce, il se trouvait embarrassé. » Et Ibn Ḥazm écrit dans al-Iḥkâm (t. 5, p. 90) : « Sufyân b. ‘Uyayna rendait la plupart de ses fatwâ en matière de rites, tandis qu’il suspendait son avis pour le divorce. » Voir aussi I‘lâm al-Muwaqqi‘în (t. 2, p. 43). (2) Dans Masâ’iluh, p. 399.
ولا يلزم إلا الطلاق المباح؛ ولهذا كان سفيان بن عيينة لا يفتي في الطلاق بشيء (١) ، لتعارض الآثار عنده في ذلك، ولو كان في الحلف بالطلاق إجماع لكان ابن عيينة من أعلم الناس به، ولم يكن يتوقف في مسألة يُجْمَعُ عليها؛ فإنَّ ابن عيينة طال عمره، وكان من أعلم أهل زمانه، وأخذ عن التابعين وتابعيهم = فلم يكن ممن يخفى عليه الإجماع في مثل ذلك، ولم يكن ممن يتوقف في الإجماع، ولم يدرك الشافعي أَجَلَّ مِنْ مالك وابن عيينة. وقول طاووس: الحلف بالطلاق ليس شيئًا؛ معروفٌ في لغتِهِ وعادَتِهِ وعادَةِ أمثالِهِ من السلف أَنَّ المراد بذلك: أنه ليس بطلاق، وإِنْ لزم به حكم آخر. كما روى عبد الله بن أحمد بن حنبل، عن أبيه (٢) . وقد رواه أبو بكر عبد العزيز في الشافي: (قال أحمد: حدثنا محمد بن جعفر، حدثنا شعبة، عن عبد الملك بن ميسرة، عن طاووس قال: سئل عن الخلع. فقال: ليس بشيء. فقال له قائل: إنك لا تزال تأتينا بشيءٍ لا ندري ما هو. قال: والله لقد جمع ابن عباس بين رجل من أهل اليمن وامرأته كان طلقها
(١) نقل المزي في تهذيب الكمال (١١/ ١٩٠) من رواية أبي الحسن الميموني عن الإمام أحمد قولَه: (كان سفيان بن عيينة إذا سُئِلَ عن المناسك سَهُلَ عليه الجواب فيها، وإذا سُئِلَ عن الطلاق اشتدَّ عليه). وقال ابن حزم في الإحكام (٥/ ٩٠): (وسفيان بن عيينة كان أكثر فتياه في المناسك، وكان يتوقَّف في الطلاق). وانظر: إعلام الموقِّعين (٢/ ٤٣). (٢) في مسائله (ص ٣٩٩).

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