Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Quant au Livre et à la Sunna, qu’Allah – Très-Haut – a rendu obligatoires à suivre et qu’Il a ordonné de transmettre aux créatures, il n’est pas concevable qu’Il en laisse la connaissance se perdre pour la communauté et les renvoie à quelque chose qu’il est impossible à quiconque de connaître. Et, à supposer même que cette connaissance fût possible, elle ne le serait que pour quelques individus isolés. En effet, la prétendue connaissance d’un consensus qui contredirait les textes, sans qu’aucun texte ne l’appuie, – à supposer qu’il existe – serait soit impossible, soit extrêmement difficile à établir. Si, pour un motif pareil, il était obligatoire d’abandonner ce qu’enseignent le Livre et la Sunna, il en résulterait qu’il faudrait délaisser ce que l’on sait être véridique au profit de ce dont l’accès à la connaissance est inexistant. Il n’en va pas de même des consensus avérés : ceux-ci sont accompagnés de preuves tirées du Livre et de la Sunna qui les confirment (1).

C’est pour cette raison qu’Allah – Très-Haut – a réuni, dans Sa menace, l’opposition au Messager et le fait de suivre une voie autre que celle des croyants, lorsqu’Il dit :
« Et quiconque s’oppose au Messager, après que la guidée lui a été clairement exposée, et suit un chemin autre que celui des croyants, Nous le laisserons dans la voie qu’il aura choisie et Nous le ferons brûler dans la Géhenne ; quelle détestable destination ! » (An-Nisâ’ : 115).
Car l’opposition au Messager et le suivi d’une voie autre que celle des croyants sont indissociables, chacun d’eux étant une réalité, tout comme l’obéissance à Allah et l’obéissance au Messager – paix et bénédictions d’Allah sur lui – sont indissociables, chacune étant une vérité.

Sixième aspect : on dira que Ṭâwûs ibn Kaysân compte parmi les plus éminents imâms des musulmans, et il fait partie de ceux dont on rapporte explicitement que le serment formulé sous la forme d’un divorce n’a aucune portée. Mieux encore, Ṭâwûs est le plus illustre des disciples d’Ibn ʿAbbâs. Abû Isḥâq ash-Shîrâzî a dit dans les « Ṭabaqât al-fuqahâʾ » (2) : « Khuṣayf a déclaré : Le plus savant d’entre eux en matière de licite et d’illicite est Ṭâwûs » (3).

(1) Voir ci-dessus (p. 14). (2) Voir ci-dessus (pp. 13, 608). (3) p. 73.
والسنة التي أوجب الله ــ تعالى ــ اتباعهما، وقد أمر بتبليغهما الخلق = لا يجوز أَنْ يضيع ذاك على الأمة ويحيلهم على ما لا يمكن أحدًا معرفته، وإِنْ أمكنت معرفته إنما يكون لآحادِ الناس، فإنَّ العلمَ بالإجماعِ الذي يخالف النصوص ولا نص معه لو قُدِّرَ وجودُهُ = لكان العلم به متعذرٌ أو متعسرٌ، فلو كان الواجب ترك ما دل عليه الكتاب والسنة لمثل هذا = لكان قد وجب ترك ما عُلِمَ أنه حق لما لا سبيل إلى علمه، بخلاف الإجماعات المعلومة، فإنَّ معها دلائل الكتاب والسنة توافقها (١) . ولهذا جمع الله ــ تعالى ــ في الوعيد بين مشاقة الرسول واتباع غير سبيل المؤمنين بقوله تعالى: {وَمَنْ يُشَاقِقِ الرَّسُولَ [١٧٦/ أ] مِنْ بَعْدِ مَا تَبَيَّنَ لَهُ الْهُدَى وَيَتَّبِعْ غَيْرَ سَبِيلِ الْمُؤْمِنِينَ نُوَلِّهِ مَا تَوَلَّى وَنُصْلِهِ جَهَنَّمَ وَسَاءَتْ مَصِيرًا} [النساء: ١١٥] ، فإنَّ مشاقة الرسول واتباع غير سبيل المؤمنين متلازمان كلٌّ منهما حَقٌّ، كما أَنَّ طاعة الله وطاعة الرسول - صلى الله عليه وسلم - متلازمان كلٌّ منهما حق. الوجه السادس: أَنْ يقال: طاووس بن كيسان من أجل أئمة المسلمين، وهو ممن ثبت عنه النقل الصريح بأن الحلف بالطلاق ليس بشيء. بل طاووس أَجَلُّ أصحابِ ابن عباس؛ قال أبو إسحاق الشيرازي في طبقات الفقهاء (٢) : (قال خصيف: أعلمهم بالحلال والحرام طاووس) (٣) .
(١) انظر ما تقدم (ص ١٤). (٢) انظر ما تقدم (ص ١٣، ٦٠٨). (٣) (ص ٧٣).

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