Ainsi, ils ont ordonné de se conformer d’abord au Livre et à la Sunna, et ils ont relégué l’ijmâʿ à une position ultérieure, sachant qu’aucun consensus ne saurait se former en contradiction avec ce que renferment le Livre et la Sunna. Bien plus, chaque fois qu’un consensus apparaît en opposition à un texte, il faut nécessairement qu’existe un texte clair et connu abrogeant le texte contredit par ce consensus (1).
Quant à la parole de certains auteurs tardifs qui placent l’ijmâʿ avant les textes du Livre et de la Sunna, soit au motif qu’il les abrogerait (2), soit parce qu’il indiquerait l’existence de l’abrogeant, il s’agit d’une erreur contraire à la démarche des pieux prédécesseurs parmi les Compagnons et ceux qui les ont suivis avec excellence. En effet, ces derniers ne repoussaient les textes du Livre et de la Sunna que par d’autres textes du Livre et de la Sunna, et ils n’arguaient de l’abrogation d’un texte que par un texte qui l’abrogeait, et non par le simple présupposé d’un consensus ; autrement, le Coran