Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

L’examen approfondi montre que, pour toute question dont nous avons la certitude qu’elle constitue l’ijmâʿ de la Umma, nous affirmons avec la même certitude l’erreur de celui qui s’y oppose, car nous savons que la communauté ne saurait se mettre unanimement d’accord sur une erreur. Quant aux questions dont nous ne sommes pas certains qu’elles relèvent de l’ijmâʿ, nous ne pouvons, de ce point de vue, déclarer leur contradicteur dans l’erreur ; toutefois, si nous établissons son erreur par une autre voie, nous la confirmons bel et bien (1).

Dans ces conditions, il est manifeste que, si la voie par laquelle l’ijmâʿ est établi repose sur la transmission d’Abû Thawr et de ceux qui le suivent, alors que lui-même déclare : « Je ne possède que l’absence de connaissance d’une divergence et je présume qu’il n’y en a pas », son propos équivaut à celui de quiconque dirait : « Je ne connais pas de divergence dans le madhhab de Mâlik, d’al-Shâfiʿî ou d’Abû Ḥanîfa, ou je pense qu’il n’y en a pas » ; il équivaut encore à la parole de celui qui affirme : « Ce ḥadîth n’a été rapporté que par Untel, ou je suppose qu’Untel seul l’a rapporté, ou je ne sais pas qu’il ait été rapporté par quelqu’un d’autre. »

Si un autre objecte : « Au contraire, dans le madhhab d’Untel il existe un autre avis, et ce ḥadîth a été transmis par un autre narrateur »,

et qu’un savant ajoute : « Au sujet du ṭalâq, il y a bien divergence », nous ne demeurons plus persuadés de l’existence d’un ijmâʿ comme nous aurions pu le croire en l’absence de cette information ; nous admettons alors la possibilité qu’il existe une dissension dont l’un a eu connaissance tandis que l’autre l’ignore. En vérité, rien que cette possibilité confère plus de poids à la parole de celui qui rapporte la divergence ; et, même si elle ne prévalait pas, nous ne pourrions plus présumer l’existence d’un ijmâʿ : il ne resterait donc plus de consensus à invoquer comme preuve.

Si, en outre, un argument contraire se présente à nous, il se peut que l’inexistence de l’ijmâʿ nous paraisse plus probable ; il nous incombera alors de suivre la preuve exempte de tout opposant d’égale force. Dans le cas où les deux aspects nous sembleraient d’égale valeur, sans que l’un l’emporte sur l’autre, nous suspendons notre jugement. Quant au fait d’affirmer catégoriquement, sur la seule base de cette transmission négative

(1) Majmûʿ al-fatâwâ, t. 19, p. 270 ; al-Mustadrak ʿalâ Majmûʿ al-fatâwâ, t. 2, p. 113 ; Minhâj al-sunna, t. 8, p. 360 ; al-Muntaqâ min Minhâj al-iʿtidâl, pp. 578, 580.
والتحقيق: أَنَّ ما قطعنا بأنه إجماع الأمة قطعنا بخطأ مخالفه، فإنَّا نقطع أَنَّ الأمة لا تجتمع على خطأ، وما لم نقطع بأنه إجماع الأمة لم نقطع بخطئه من هذه الجهة، لكن إِنْ علمنا خطأه من جهة أخرى قطعنا به (١) . وإذا كان كذلك؛ فمن المعلوم أنه إذا كان الطريق الذي به يُعرف الإجماع نقل أبي ثور ومن اتبعه، وهو يقول: إنما معي عدم العلم بالنزاع، وظن أنه لا نزاع = كان بمنزلة مَنْ يَقول: لا أعلم في مذهب مالك أو الشافعي أو أبي حنيفة خلافًا، أو أظن أنه لا خلاف في ذلك؛ وبمنزلة مَنْ يقول: هذا الخبر لم يروه إلا فلان، أو أظن أنه لم يروه إلا فلان، أو ما أعلم رواه إلا فلان. فإذا قال غيره: بل في مذهب فلان قول آخر، وهذا الخبر رواه آخر. فإذا قال العالم الآخر: بل في الطلاق نزاع، لم نَبْقَ ظانِّين للإجماع، كما كنا نظنه لو لم ينقل هذا، بل جَوَّزنا ــ حينئذٍ ــ أَنْ يكون هناك نزاع اطلع عليه هذا دون ذاك، بل ومع هذا التجويز يرجح هذا، ولو لم يرجح لم نبق ظانين إجماعًا، فلا يبقى هناك إجماع احتج به. وإذا قام عندنا دليل خالف هذا؛ فإما أن يترجح عندنا عدم الإجماع، فيجب علينا العمل بالدليل السالم عن المعارض المقاوم، وإِمَّا أَنْ يتساوى الأمران فلا يرجح واحد على الآخر فنقف؛ فأما الجزم بهذا النقل النافي
(١) مجموع الفتاوى (١٩/ ٢٧٠)، المستدرك على مجموع الفتاوى (٢/ ١١٣)، منهاج السنة (٨/ ٣٦٠)، المنتقى من منهاج الاعتدال (ص ٥٧٨، ٥٨٠).

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