Ainsi, tel groupe ne tient pas la divergence d’al-Shâfiʿî pour une véritable divergence, comme le cadi Ismâʿîl b. Isḥâq et d’autres ; tel autre groupe ne considère pas la divergence d’Abû Ḥanîfa comme une divergence, tels que la plupart des traditionnistes ; un troisième groupe affirme qu’il eût convenu à Mâlik de garder le silence, comme l’ont dit Muḥammad b. al-Ḥasan et d’autres ; et il est encore bien d’autres questions dont la description serait trop longue (1).
De plus, on dira : qui sont donc ces « autorités reconnues » auxquelles Allâh – Très-Haut – aurait imposé à toute la communauté de Muḥammad ﷺ, d’Orient en Occident, de ne considérer que leurs avis à l’exclusion de ceux qui les contredisent ? D’où tenons-nous cela ? Quelle en est la preuve ? Et est-ce là un propos que puisse tenir quiconque connaît les preuves légales et les fondements du fiqh sur lesquels se bâtissent les jugements ?
De même, lorsqu’il est question d’« un Imâm », que veux-tu dire par là ? Entends-tu par Imâm celui que suit une fraction des musulmans ? Il n’est point de savant sans qu’un groupe ne le prenne pour modèle. Ou entends-tu celui que suit l’ensemble des musulmans ? Parmi les savants, nul n’est suivi par tous les musulmans, ni même par la majorité d’entre eux dans chacune de ses opinions particulières. Ou bien parles-tu de ceux dont les livres ont été rédigés selon leurs écoles ? Il est, en effet, notoire que la divergence des Compagnons et de leurs Successeurs, qu’Allâh les agrée, est prise en considération par consensus des musulmans, et