Troisième avis :
Ceux qui soutiennent que, lorsqu’il s’agit d’une formule empruntant la tournure d’un serment, le divorce ne devient pas effectif, mais qu’il incombe d’acquitter l’expiation d’un serment. Tel est le troisième avis mentionné par Ibn Ḥazm ; c’est l’opinion de Ṭâwûs et d’autres, et c’est la fatwâ que délivrent plusieurs groupes parmi les malikites et d’autres encore.
Quatrième aspect :
Sa parole : « Nous ne nous écarterons de cela que si nous disposons d’une transmission explicite émanant d’un Imâm reconnu. »
On lui répond : Que veux-tu dire par « Imâm reconnu » ? Qu’entends-tu par le fait qu’il soit « reconnu » ? Et qui donc le reconnaît ? Il n’est pas un savant parmi les savants musulmans sans qu’un groupe ne le considère et n’exalte ses propos, tandis qu’un autre groupe les conteste et les fragilise. Si par là tu vises celui dont l’ensemble des musulmans tient les avis pour fiables (1)…
Or, « considérer » ses propos peut signifier les rapporter et en prendre soin, comme il peut signifier les imiter et les suivre, ou encore tenir compte de sa divergence ; et tout cela fait l’objet de divergences entre les gens, tantôt en fonction de leur science et de leur capacité, tantôt en fonction de leur intention et de leur volonté. Ainsi, tels groupes rapportent les propos de certaines personnes que tel autre groupe ne rapporte pas ; ils suivent les avis de certaines personnes que cet autre groupe ne suit pas ; ils tiennent compte de la divergence de certaines personnes que cet autre groupe ne prend pas en compte. Quiconque possède une connaissance approfondie (174 / a) des opinions des savants et des jugements qu’ils portent les uns sur les autres sait cela (2).