Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Quant aux consensus rapportés par Ibn ʿAbd al-Barr, on y relève, dans nombre d’entre eux, davantage de divergences encore que dans les consensus d’Ibn Ḥazm, alors même que tous deux appartiennent à la même époque et au même pays. Ainsi, dans la présente question, Ibn ʿAbd al-Barr a affirmé l’existence d’un consensus, bien qu’il ait coutume de rapporter l’avis de Dâwûd et de ses disciples.

On rapporte même qu’il suivait, au début, leur école, tout comme Abû Isḥâq ash-Shîrâzî l’a fait avant lui ; pourtant, Ibn ʿAbd al-Barr n’a pas mentionné ici leur position comme l’a fait Ibn Ḥazm, parce que, lorsqu’il prit connaissance de l’opinion d’Abû Thawr et d’Ibn Naṣr (1), il les suivit sur ce point. Or il est apparu que la base de leur affirmation réside dans l’ignorance où se trouvait Abû Thawr d’une quelconque divergence, ou dans la supposition qu’il n’en existait pas.

Dès lors qu’une telle affirmation se trouve contredite par celui qui établit l’existence d’un désaccord, fût-ce de manière globale, nul n’a le droit d’affirmer catégoriquement l’absence de divergence ; on ne saurait même la présumer lorsque l’on ne possède pas la certitude de son inexistence, d’autant plus qu’un rapporteur affirme, avec certitude, sa présence. Que dire, alors, quand trois autres avis sont avérés ?

Premier avis : l’opinion de ceux qui soutiennent que le divorce suspendu à une condition ne prend effet en aucun cas ; tel est l’avis d’Abû ʿAbd ar-Raḥmân ash-Shâfiʿî, d’Ibn Ḥazm, ainsi que de certains imâmites – comme al-Mufîd, al-Mûsawî, aṭ-Ṭûsî et d’autres. Certes, ces derniers ne se sont pas singularisés des gens de la Sunnah par une opinion correcte ; toutefois, lorsqu’ils expriment une opinion également professée par certains gens de la Sunnah, ils sont mentionnés à leur suite. Nous avons, ailleurs (2), exposé la controverse opposant les savants au sujet de la prise en compte – ou non – de la divergence des gens de passion.

Deuxième avis : l’opinion de ceux qui distinguent entre le divorce conditionnel prononcé dans l’intention d’un serment et celui qui ne l’est pas. Selon eux, lorsque l’intention est celle d’un serment, le divorce ne se réalise pas et aucune expiation n’est due. Cet avis est soutenu par un groupe – plus nombreux – et il est rapporté de Dâwûd et d’autres, ainsi que d’une faction parmi Ahl al-Bayt.

(1) À l’origine : « وأبي ». (2) Voir ce qui va suivre : p. 659.
وأما ما ينقله ابن عبد البر من الإجماعات؛ فيوجد في كثيرٍ منها من النزاع أكثر مما يوجد في إجماعات ابن حزم، وهما في عصرٍ واحدٍ وبلدٍ واحدٍ؛ مثل هذه المسألة، فإنَّ ابن عبد البر نقل فيها الإجماع مع أَنَّ من عادته أنه ينقل قول داود وأصحابه، ويقال: إنه كان أولًا على مذهبهم، كما كان أبو إسحاق الشيرازي على مذهبهم؛ ومع هذا فلم ينقل ابن عبد البر مذهبهم في ذلك كما نقله ابن حزم، لأنه [١٧٣/ ب] لما رأى ما ذكره أبو ثور وابن (١) نصر تبعهما في ذلك، وقد تبين أن الأصل في ذلك عدم علم أبي ثور بالنزاع أو ظنه عدم النزاع، وهذا إذا عارضه مَنْ أثبتَ النزاعَ مجملًا لم يكن لأحدٍ أَنْ يجزم بنفي النزاع، بل ولا يظنه إذا لم يعلم انتفاءه مع جزم الناقل بثبوته، فكيف وقد عرف ثلاثة أقوال أخر؟! قولُ مَنْ يقول: الطلاق المعلق بالصفة لا يقع بحال؛ كقول أبي عبد الرحمن الشافعي وابن حزم ومن وافقهم من الإمامية كالمفيد والموسوي والطوسي وغيرهم، وإِنْ كان هؤلاء لم ينفردوا عن أهل السنة بقولٍ صواب، فإذا قالوا قولًا قاله بعض أهل السُّنَّة ذُكِرُوا تبعًا لأهل السنة، وقد ذكرنا تنازع الناس في أهل الأهواء هل يعتد بنزاعهم أم لا في موضع آخر (٢) . والقول الثاني: قولُ مَنْ يُفَرِّقُ بين التعليق الذي يقصد به اليمين والذي لا يقصد، لكن يقول: إذا قَصَدَ اليمين لم يقع ولا كفارة عليه كما يقول ذلك طائفة أكثر من ذلك، وهو محكي عن داود وغيره وعن طائفة من أهل البيت.
(١) في الأصل: (وأبي). (٢) انظر ما سيأتي: (ص ٦٥٩).

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