Il dit : « Et tout cela n’est que des opinions corrompues. »
Il ajouta (1) : « Un groupe a affirmé que le consensus se limite au consensus des Compagnons ; un autre groupe a soutenu que le consensus de chaque époque constitue un consensus authentique, pourvu qu’aucune divergence ne lui ait précédé dans la question considérée. »
Il déclara encore : « Telle est l’opinion correcte au sujet du consensus de la Communauté, lorsqu’on l’examine en détail, que l’on s’y appuie et que l’on délaisse les fondements qu’ils ont posés à son propos. »
Puis il poursuivit (2) : « La définition du consensus est qu’on ait la certitude qu’aucune divergence n’existe à son propos entre les savants de l’Islam, et nous le savons comme nous savons des faits historiques sur lesquels il n’y a aucune hésitation, tels que : les musulmans sont sortis du Ḥijâz et du Yémen pour conquérir l’Irak, le Khorasan, l’Égypte et la Syrie ; les Banû Umayya ont régné longtemps, puis les Banû al-ʿAbbâs ont régné après eux ; il y eut la bataille de Ṣiffîn et celle de al-Ḥarra, et tout ce qui s’y rattache parmi les choses connues avec certitude et de manière évidente. »
Il dit également (5) : « Nous ne ferons entrer dans ce livre que le consensus complet sur lequel il n’existe absolument aucune opposition, que nous connaissons aussi sûrement que nous savons que la prière de l’aube, en situation de sécurité comme de crainte, comporte deux rakʿa. »
Tel est donc le critère qu’il fixe pour admettre un consensus. Pourtant, malgré cela, il a cité de nombreux consensus entachés de divergences qu’il n’a pas décelées ; certains même sont des questions dans lesquelles il est, lui aussi, en désaccord. Nous en avons mentionné une partie dans l’ouvrage que nous avons rédigé sur le consensus, ailleurs que dans le présent passage.