de revenir à son rapport, de même que les califes bien guidés, les Compagnons et les Successeurs – qu’Allah les agrée – se référaient, pour les informations, à celui qui avait entendu ce qu’ils n’avaient pas entendu et vu ce qu’ils n’avaient pas vu.
Et nul ne prétend qu’al-Shâfi‘î, Ahmad ibn Hanbal, Isḥâq, Abû ‘Ubayd et les autres seraient tenus de se ranger à l’avis d’Abû Thawr et de ses semblables au sujet de ce qu’il conjecture être l’absence de divergence, alors qu’il leur incombe bel et bien de se référer à quelqu’un de moindre niveau qu’Abû Thawr en science et en jurisprudence lorsqu’il transmet des récits fiables. En effet, la transmission du consensus et la négation d’une divergence ne sauraient être assimilées à la transmission de ce que l’on a entendu parmi les récits, car la première ne repose, au mieux, que sur l’induction.
De plus, il s’agit là d’un rapport « mursal » : il affirme que telle est la parole de savants qu’il n’a pas connus, sans nommer celui qui la lui a transmise. À supposer qu’une personne rapporte la doctrine d’un juriste sans l’attribuer à un livre ou à une chaîne de transmission, cela serait un « mursal » dont la plupart sont exacts, tout comme la majorité des « mursal » des Successeurs sont corrects, bien que l’erreur y soit plus fréquente
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que dans les « mursal » des Successeurs. Or, si le « mursal » d’un savant renommé portant sur un texte du Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – qu’il est obligatoire de suivre, n’est soit pas une preuve, soit une preuve faible sur laquelle prévaut une preuve plus forte, alors que l’on peut connaître par maintes voies que le Prophète – paix et bénédictions sur lui – a réellement prononcé ces paroles, que dire alors de l’affirmation de quelques savants – chose qu’il est absolument impossible de vérifier –, dont le plus qu’il puisse dire est qu’il suppose l’absence de divergence ?!
C’est pour cela que les imâms suivis (1) ne se sont jamais appuyés sur un tel argument ; chacun d’eux fondait plutôt sa position sur sa propre investigation et son ijtihâd pour déterminer l’existence ou l’absence de divergence, sans imiter qui que ce soit en la matière, tout en étant unanimes sur l’obligation de suivre les récits. Il apparaît donc clairement qu’un tel propos n’est pas