Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Il s’agit là d’une négation sur laquelle on peut pourtant disposer d’éléments suffisants ; malgré cela, les savants ont accordé la primauté à l’attestation de Bilâl – qu’Allah l’agrée – lorsqu’il déclara : « Il y a accompli la prière » (1) plutôt qu’à la dénégation d’Usâma. Que dire alors quand le seul appui du négateur n’est que la simple conjecture d’Abû Thawr quant à l’absence de divergence, lui qui a lui-même avoué que, pour lui, le « consensus » se réduit à l’ignorance d’un désaccord !

Il apparaît donc que ce prétendant au consensus ne possède aucune science d’un quelconque savant l’ayant établi ; quiconque affirme détenir une telle science est reconnu pour menteur – comme l’a déclaré Ahmad ibn Hanbal. Tout ce qu’il détient se limite à sa propre ignorance d’un différend éventuel, voire à une simple supposition de son inexistence.

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Quant à sa parole : « Nous ne nous écarterons de cela que sur la base d’une transmission explicite émanant d’un Imâm reconnu », la réponse se décline en plusieurs points :

Premier point : nous ne concédons pas qu’une telle affirmation constitue une preuve digne de confiance. En effet, que l’un, deux ou trois individus disent : « Nous ne connaissons aucune divergence à ce sujet » ou « Nous pensons qu’il n’existe pas de divergence », cela n’impose nullement à l’ensemble de la communauté de Muḥammad – qu’Allah prie sur lui et le salue – depuis le premier jusqu’au dernier, de suivre l’avis conjectural de celui qui le formule. Ils ne sont déjà pas tenus de l’imiter dans ce qu’il affirme avec certitude ; comment le seraient-ils dans ce qu’il ne fait qu’estimer ?

À supposer même qu’il soit permis – voire obligatoire – pour certaines personnes de l’imiter, nul esprit sensé ne soutiendrait que toute la Umma y serait contrainte. La question n’est pas comparable au fait de s’abstenir de rapporter les récits qu’il rapporte : ceux-ci constituent un témoignage de ce qu’il a entendu ou vu, et non pas une simple supposition fondée sur une induction (2). C’est pourquoi il incombe à ses semblables, et à ceux qui lui sont supérieurs, de

(1) Rapporté par al-Bukhârî (n° 506) et Muslim (n° 1329) d’après le hadith d’Ibn ‘Umar – qu’Allâh soit satisfait d’eux deux. (2) Dans l’original : « بالاستقرار ». Il se peut que la lecture correcte soit celle que j’ai établie.
وهو نفي يُحَاطُ به، ومع هذا؛ فَقَدَّمَ العلماءُ إثباتَ بلالٍ - رضي الله عنه - حيث قال: صَلَّى فيه (١) على نفي أسامة [١٧١/ أ] ؛ فكيف وليس مع النافي إلا ظَنُّ أبي ثور لعدم النزاع؟! كما صَرَّحَ عن نفسه بأنَّ الإجماع عدم العلم بالنزاع. فَعُلِمَ أَنَّ هذا المدَّعِي للإجماع ليس معه علمُ أحدٍ من العلماء بالإجماع، ومن ادعى العلم بالإجماع في ذلك عُلِمَ أنه كاذب، كما قاله أحمد بن حنبل، وإنما معه عدم علمه بالنزاع، أو ظَنٌّ لنفي النزاع. فصلٌ وأما قوله: (فلا نعدل عن هذا إلا بنقل صريح عن إمامٍ معتبر) . فجوابه من وجوه: أحدها: أنه لا نُسلِّم أَنَّ مثل هذا حجة يجب الاعتماد عليها، فإنه إذا قال واحد أو اثنان أو ثلاثة: نحن لا نعلم في هذا نزاعًا، أو نظن أنه لا نزاع في ذلك = لم يكن هذا مما يوجب أن جميع أمة محمد - صلى الله عليه وسلم - من أولهم إلى آخرهم يجب عليهم تقليدُ هذا الظانِّ فيما ظنه، فإنه لا يجب عليهم تقليده فيما يقطع به، فكيف يجب عليهم تقليده فيما ظنه؟! وهب أنه يجوز تقليده لبعض الناس، أو يجب على بعض الناس؛ لكن لا يقول عاقل: إنَّ جميع الأمة يجب عليها تقليده، وليس هذا مثل ترك رواية ما يرويه من الأخبار، فإنَّ ذاك خبر منه عما سمعه أو رآه، ليس هو خبرًا عما يظن بالاستقراء (٢) ، ولهذا يجب على أمثاله وعلى مَنْ هو أكبر منه أَنْ
(١) أخرجه البخاري (٥٠٦)، ومسلم (١٣٢٩) من حديث ابن عمر - رضي الله عنهما -. (٢) في الأصل: (بالاستقرار)، ولعل الصواب ما أثبتُّ.

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