Il s’agit là d’une négation sur laquelle on peut pourtant disposer d’éléments suffisants ; malgré cela, les savants ont accordé la primauté à l’attestation de Bilâl – qu’Allah l’agrée – lorsqu’il déclara : « Il y a accompli la prière » (1) plutôt qu’à la dénégation d’Usâma. Que dire alors quand le seul appui du négateur n’est que la simple conjecture d’Abû Thawr quant à l’absence de divergence, lui qui a lui-même avoué que, pour lui, le « consensus » se réduit à l’ignorance d’un désaccord !
Il apparaît donc que ce prétendant au consensus ne possède aucune science d’un quelconque savant l’ayant établi ; quiconque affirme détenir une telle science est reconnu pour menteur – comme l’a déclaré Ahmad ibn Hanbal. Tout ce qu’il détient se limite à sa propre ignorance d’un différend éventuel, voire à une simple supposition de son inexistence.
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Quant à sa parole : « Nous ne nous écarterons de cela que sur la base d’une transmission explicite émanant d’un Imâm reconnu », la réponse se décline en plusieurs points :
Premier point : nous ne concédons pas qu’une telle affirmation constitue une preuve digne de confiance. En effet, que l’un, deux ou trois individus disent : « Nous ne connaissons aucune divergence à ce sujet » ou « Nous pensons qu’il n’existe pas de divergence », cela n’impose nullement à l’ensemble de la communauté de Muḥammad – qu’Allah prie sur lui et le salue – depuis le premier jusqu’au dernier, de suivre l’avis conjectural de celui qui le formule. Ils ne sont déjà pas tenus de l’imiter dans ce qu’il affirme avec certitude ; comment le seraient-ils dans ce qu’il ne fait qu’estimer ?
À supposer même qu’il soit permis – voire obligatoire – pour certaines personnes de l’imiter, nul esprit sensé ne soutiendrait que toute la Umma y serait contrainte. La question n’est pas comparable au fait de s’abstenir de rapporter les récits qu’il rapporte : ceux-ci constituent un témoignage de ce qu’il a entendu ou vu, et non pas une simple supposition fondée sur une induction (2). C’est pourquoi il incombe à ses semblables, et à ceux qui lui sont supérieurs, de