Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Ceux qui leur succédèrent se rangèrent à leur avis dans la transmission de cette controverse, et nul parmi les générations postérieures n’affirma qu’ils s’étaient mépris en la rapportant. Puis tu te prévaux de leur transmission d’un consensus, alors même que d’autres qu’eux ont contesté ce consensus, disant qu’ils se sont trompés et que la question relève d’une divergence et non d’un accord unanime — fût-il vrai qu’aucun ne les eût contredits. Dès lors, le fait qu’ils rapportent l’avis de chacun des savants, tout en niant qu’aucun savant ne leur ait opposé contradiction, sans fournir de chaîne pour chacun d’eux ni de chaîne établissant l’absence d’opposant, n’a pas plus de poids que leur transmission, avec chaînes de narration, de propos de certains Compagnons et Successeurs, qu’ils ont reproduits mot pour mot et par lesquels l’on connaît leurs écoles. Si donc l’on récuse la transmission prépondérante qu’ils maîtrisent le mieux, à plus forte raison doit-on récuser la transmission plus faible qu’ils ne connaissent pas avec la même précision.

Or, dans le Livre d’Allah — exalté soit-Il — et dans la Sunna de Son Messager ﷺ, qu’Allah — Puissant et Majestueux — s’est engagé à préserver, se trouvent une suffisance dispensant de tout madhhab et une richesse rendant superflue toute parole humaine. Elles suffisent donc face aux écoles juridiques célèbres comme aux autres. Il découle de cela qu’aucune parole n’est véridique sinon celle qui concorde avec le Livre et la Sunna ; tout consensus infaillible est conforme au Livre et à la Sunna, et ce qui les contredit ne saurait être un consensus authentique. La référence demeure donc le Livre et la Sunna.

Quant aux questions controversées que l’on décrit comme « faisant l’objet d’un consensus » ou « sujettes à divergence » [170b], si elles relèvent réellement du consensus, elles doivent nécessairement être exposées dans le Livre et la Sunna ; et si elles sont disputées, la vérité y est ce qui s’accorde avec le Livre et la Sunna.

S’agissant enfin d’Abû Hâmid al-Isfarâ’înî — qu’Allah lui fasse miséricorde —, son intention était de nier la divergence entre les deux madhhabs, celui d’Abû Hanîfa et celui d’Ash-Shâfiʽî — qu’Allah les agrée —, comme l’indique le contexte de ses propos ; c’est là une méthode bien connue des auteurs d’ouvrages consacrés aux divergences juridiques.

بعدهم وافقوهم على نقل هذا النزاع، ولم يقل أحدٌ جاء بعدهم إنهم أخطأوا في نقل النزاع، ثم تحتج بنقلهم للإجماع وقد أنكر غيرهم عليهم هذا الإجماع، وقالوا: إنهم أخطأوا فيه، وأَنَّ المسألةَ مسألةُ نزاعٍ لا مسألةُ إجماعٍ ولو لم يخالفهم، فلا يكون نقلهم لقول كل واحد واحدٍ من العلماء ونفي منازعة أحد من العلماء لهم مع أنهم لم يذكروا إسنادًا إلى كل واحد، ولا معهم إسناد بنفي المنازع= بأعظم من نقلهم لقول بعض الصحابة والتابعين التي نقلوها بالإسناد ونقلوا ألفاظهم التي تعرف مذاهبهم، فإذا قَدَحَ في النقل الراجح الذي هُمْ به أعلم فَلَأَنْ يقدح في النقل المرجوح الذي لا يعلمونه كعلم ذاك بطريق الأولى. وإذا كان في كتاب الله ــ تعالى ــ وسنة رسوله - صلى الله عليه وسلم - التي تَكَفَّلَ الله ــ عز وجل ــ بحفظهما كفاية عن كل مذهبٍ، وَغَنَاء عن كل قائل؛ ففيها غَنَاءٌ وكفايةٌ عن المذاهب المشهورة وغيرها، ووجب مع هذا أَنْ ليس في الأقوال ما هو حق إلا ما وافق الكتاب والسنة، وكل إجماعٍ معصوم فهو موافق للكتاب والسنة، وما خالف الكتاب والسنة امتنع أن يكون إجماعًا صحيحًا؛ فالاعتبار بالكتاب والسنة. وأما مسائل النزاع؛ ويقال: إنها مجمعٌ عليها أو مختلفٌ فيها [١٧٠/ ب] ؛ فإنها إِنْ كانت مجمعًا عليها فلا بُدَّ أَنْ تكون مُبَيَّنَةً في الكتاب والسنة، وإِنْ كانت متنازعًا فيها فالصواب فيها ما وافق الكتاب والسنة. وأما أبو حامد الإسفراييني ــ رحمه الله تعالى ــ فمراده: نفي الخلاف في المذهبين، مذهب أبي حنيفة والشافعي - رضي الله عنهما - كما دَلَّ عليه سياقُ كلامِهِ، وهذه عادةٌ معروفة لمصنفي الخلاف.

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