Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Quant au troisième point, il s’agit du consensus inductif (al-ijmâʿ al-istiqrâ’î). Celui-ci consiste pour le savant à passer en revue, autant qu’il lui est possible, les dires des savants, puis à constater qu’aucun ne s’y est opposé. Il est manifeste que la connaissance qu’il a des propos qui lui sont parvenus est plus complète que la connaissance qu’il a de l’inexistence d’un contradicteur à leur encontre (1).

Or cet objecteur met en cause la transmission même de ces paroles rapportées d’eux. Comment, dans ces conditions, pourrait-on affirmer qu’ils ont été unanimes sur une opinion concernant des questions qui n’ont pas clairement apparu comme faisant partie de la religion du Messager – paix et bénédictions d’Allâh sur lui –, qui ne comptent pas non plus parmi les sujets devenus célèbres chez les Compagnons ni chez l’ensemble des Successeurs, de sorte qu’ils les auraient approuvées sans qu’aucun contestataire ne les ait réprouvées ? Tout ce que l’on possède à ce sujet se limite, au mieux, à des fatwâs particulières portant sur des cas déterminés émanant de quelques Successeurs ; on ne sait pas que ces avis aient atteint l’ensemble des Successeurs, ni même la majorité d’entre eux, et l’on ne sait pas davantage qu’ils aient atteint tous ceux qui, dans la ville même du mufti, vivaient parmi eux (2).

Le même objecteur a affirmé plus loin, lorsqu’il évoqua le hadith de Laylâ bint al-ʿAjamâ’ :

« En somme, ce point est source d’ambiguïté, en raison de la distinction précédemment évoquée entre les formules verbales transitives (3). »

Et il ajouta : « C’est pour cette raison – et Allâh sait mieux – que certains ont dit qu’il n’est pas permis au simple profane de se conformer à de tels anciens madhâhib. Ce n’est nullement – à Dieu ne plaise – à cause de leurs fondateurs, car ils sont des imâms de la guidée et des sources de science ; mais on n’a pas accordé d’attention au rassemblement des propos de ceux qui les ont professés (4). »

(1) Dans l’original : « يتبع ». (2) C’est ainsi dans l’original, le sens est clair. (3) Dans al-Ṭaḥqīq : « المتقدمة ». (4) Dans l’original : « فليس », et la forme retenue dans al-Ṭaḥqīq.
وأما الثالث: فهو الإجماع الاستقرائي، وهو أن يتتبع (١) العالم ما أمكنه من أقوال العلماء فلا يجد أحدًا خالف في ذلك، ومعلوم أَنَّ علمه بأقوالهم التي بلغته أتم من علمه بنفي يُنازعه الغير لهم (٢) . وهذا المعترض يطعن في نقل أقوالهم المنقولة عنهم، فكيف يمكن مع هذا أن يقال: إنهم اتفقوا على قولٍ في مثل هذه المسائل التي لم يظهر أنها من دين الرسول - صلى الله عليه وسلم - ظهورًا عامًّا، ولا هي مما اشتهرت في الصحابة ولا في جميع التابعين فأقروا بها ولم ينكرها منكر، وإنما غاية المنقول في ذلك فتاوى خاصة في قضايا معينة عن بعض التابعين، لا يُعرف أن تلك الأقوال بلغت جميع التابعين، بل ولا أكثرهم، بل ولا يُعرف أنها بلغت جميع مَنْ في بلد المفتي منهم. وهذا المعترض قد قال فيما بعد لمَّا تكلَّمَ على حديث ليلى بنت العجماء قال: (وبالجملة؛ فهذا محل اشتباهٍ، لما تقدم من الفرق بين الألفاظ المتعدية (٣) . قال: ومِنْ هنا ــ والله أعلم ــ قال مَنْ قال: إِنَّ مثل هذه المذاهب القديمة لا يجوز للعامي تقليدها، وليس (٤) ذلك لأمرٍ يرجع إلى أصحابها ــ حاشى لله ــ، بل هم أئمة الهدى وينابيع العلم، ولكنه لم يُعتنَ بجمع أقوال قائليها
(١) في الأصل: (يتبع). (٢) كذا في الأصل، والمعنى واضح. (٣) في «التحقيق»: (المتقدمة). (٤) في الأصل: (فليس)، والمثبت من «التحقيق».

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