Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

ou les Successeurs s’y conformaient, à l’exemple de ce que nous savons (1) faire partie de la religion manifeste et notoire du Messager – que la paix et la bénédiction d’Allâh soient sur lui –, religion que seul renie celui qui ne croit pas en lui.

Le second : qu’une parole ou une pratique se répande chez les Anciens sans qu’aucun contestataire ne la réprouve ; c’est là le consensus tacite (ijmâʿ iqrârî). En effet, la Communauté ne saurait se réunir pour entériner une fausseté ; de même que le Messager – paix et bénédictions d’Allâh sur lui – est préservé de l’erreur dans sa parole, son acte et son acquiescement, de même la Communauté est préservée dans sa parole, son acte et son acquiescement. Tel fut, par exemple, le fait qu’ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb – qu’Allâh l’agrée – répartit les terres conquises par la force entre les musulmans, et autres décisions analogues (2).

Et si l’on objecte à ce propos : « Il se peut que certains l’aient contesté » [169/b], nous répondons : l’obligation n’est pas levée par une contestation erronée tant que celle-ci ne se manifeste pas ouvertement. Or, si un opposant s’était dressé, les circonstances auraient nécessairement conduit à la transmission de son opposition, tout comme ont été rapportées la divergence d’Ibn ʿAbbâs – qu’Allâh les agrée tous deux – au sujet de l’ʿawl et des deux cas « ʿUmariyyatayn » (3), ou la divergence d’Ibn az-Zubayr – qu’Allâh les agrée tous deux – concernant l’héritage de l’épouse répudiée de façon irrévocable (4), et d’autres exemples semblables.

(1) À l’origine : « أن ». (2) Rapporté par al-Bukhârî dans son Ṣaḥîḥ (n° 4235) d’après ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb (qu’Allah soit satisfait de lui), qui déclara : « Par Celui qui détient mon âme dans Sa main, si je ne devais pas laisser les derniers des hommes sans rien, je n’aurais ouvert village sans le partager, comme le Prophète (paix et bénédictions sur lui) partagea Khaybar ; mais je les laisse en dépôt pour qu’ils s’en répartissent les parts. » (3) Son isnâd a déjà été cité (p. 393). (4) Rapporté par ʿAbd al-Razzâq dans son Maṣnûf (t. 7, p. 62) par la voie d’Ibn Abî Mulaykah : celui-ci interrogea Ibn al-Zubayr sur l’homme qui répudie la femme (il la yabtuhâ), puis meurt durant son ʿiddah. Ibn al-Zubayr répondit : « ʿAbd al-Raḥmân ibn ʿAwf a répudié la fille d’al-Aṣbagh al-Kalbî, puis mourut alors qu’elle était en ʿiddah, et ʿUthmân l’a héritée. Pour ma part, je ne considère pas que la femme ayant subi un tel divorce hérite. » Ibn Abî Mulaykah ajoute : c’est celle qu’il dit avoir répudiée alors qu’il était malade. Voir : al-Jâmiʿ fî Aḥâdîth wa Āthâr al-Farâʾiḍ (p. 246, 254-256).
أو التابعين كانوا عليه، مثل ما علمنا أنه (١) من دين الرسول - صلى الله عليه وسلم - الظاهر المعروف الذي لا ينكره إلا من هو كافر به. والثاني: أَنْ يشتهر القول أو العمل في السلف فلا ينكره منكر؛ فهذا إجماع إقراري، فإنَّ الأمة لا تجتمع على الإقرار على باطل، بل كما أن الرسول - صلى الله عليه وسلم - معصومٌ في قوله وفعله وإقراره= فكذلك الأمة معصومةٌ في قولها وفعلها وإقرارها، وهذا كجعل عمر بن الخطاب - رضي الله عنه - الأرض المفتوحة عنوة فيما بين المسلمين وغير ذلك (٢) . وإذا قيل في مثل ذلك: قد يكون [١٦٩/ ب] بعضهم أنكرها. قيل: لا يسقط الفرض بإنكار الخطأ إلا إذا ظهر الإنكار، ولو أنكر ذلك منكرٌ لكان مما تتوفر الدواعي على نقله؛ كما نقلوا نزاع ابن عباس - رضي الله عنهما - في العول والعمريتين (٣) ، ونزاع ابن الزبير - رضي الله عنهما - في ميراث المبتوتة (٤) وأمثال ذلك.
(١) في الأصل: (أن). (٢) أخرجه البخاري في صحيحه (٤٢٣٥) عن عمر بن الخطاب - رضي الله عنه - أنه قال: أَمَا والذي نفسي بيده، لولا أَنْ أَترك آخرَ الناسِ بَبَّانًا ليس لهم شيء، ما فتحت قريةً إلا قَسَمتُها كما قَسَمَ النبي - صلى الله عليه وسلم - خيبر، ولكني أتركها خزانةً لهم يَقتسمونها. (٣) تقدم تخريجه في (ص ٣٩٣). (٤) أخرجه عبد الرزاق في مصنفه (٧/ ٦٢) من طريق ابن أبي مُليكة أنه سأل ابن الزبير عن الرجل يُطلِّق المرأة فَيَبُتُّهَا ثم يموت وهي في عِدَّتِهَا؟ فقال ابن الزبير: طَلَّق عبد الرحمن بن عوف ابنةَ الأصبغ الكلبي، ثم مات وهي في عِدَّتها، فورَّثَها عثمان. قال ابن الزبير: وأمَّا أنا فلا أرى أنْ ترث المبتوتة. وقال ابن أبي مليكة: وهي التي تَزعم أنه طلَّقها مريضًا. انظر: الجامع في أحاديث وآثار الفرائض (ص ٢٤٦، ٢٥٤ - ٢٥٦).

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