Abû Thawr le rapporte d’al-Ḥasan, de Ṭâwûs, d’al-Qâsim, de Sâlim, d’Ibn Yasâr (1) et de Qatâdah ; or, pour ma part, je n’ai vu dans Al-Istidhkâr que la mention d’al-Ḥasan et de Ṭâwûs, rien de plus (2).
Réponse :
Ibn al-Mundhir n’a nullement rapporté un ijmâʿ des savants ; il n’a fait que citer l’opinion de ceux dont il se souvenait sur la question. Cela ne constitue donc pas la transmission d’un consensus des savants musulmans. D’ailleurs, dans ce qu’il rapporte, Ibn al-Mundhir ne mentionne aucun Compagnon, ni aucun Tâbiʿî, pas même de disciple des Tâbiʿîn, si ce n’est Mâlik, Abû Ḥanîfa et al-Layth b. Saʿd. Or chacun sait combien les savants furent nombreux au cours de ces trois époques. Il ne cite pas non plus l’avis d’Ibn Jurayj et des Mecquois, ni celui de Sulaymân al-Taymî et de ses pairs parmi les gens de Baṣra, pas davantage l’avis des savants du Shâm. Quant à la quatrième génération, il ne mentionne que al-Shâfiʿî, Aḥmad, Isḥâq, Abû ʿUbayd et Abû Thawr.
Quel savant oserait donc prétendre qu’il s’agit là de l’ijmâʿ infaillible, équivalant aux textes du Livre d’Allâh et du Messager – paix et bénédictions d’Allâh sur lui ?! Bien au contraire, nombre d’entre eux le placent même au-dessus du texte du Livre et de la Sunnah, disant : « Ce consensus prouve que ce texte est abrogé », et certains admettent même l’abrogation par l’ijmâʿ.
Quant à Ibn Naṣr, il suit ici Abû Thawr. Or l’intention d’Abû Thawr lorsqu’il rapporte un ijmâʿ est claire : il n’avait connaissance d’aucune divergence sur la question. L’objection ne se fonde donc que sur l’ignorance d’Abû Thawr quant à l’existence d’un désaccord ; tel est le seul degré de certitude qu’il possédait.
Par ailleurs, ces trois imâms, leurs semblables et bien d’autres encore, ont rapporté la divergence concernant l’affranchissement relative au ḥadîth de Laylâ bint al-ʿAjamāʾ [169a] et à d’autres récits. L’auteur de l’objection a d’ailleurs critiqué ces transmissions, comme il a été exposé plus haut, alors même que l’avis préconisant la kaffâra dans le serment lié à l’affranchissement, lorsqu’on dit : « Tout esclave… »