Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Le vœu n’est qu’une parole vaine (1) ; il n’emporte ni obligation d’exécution ni expiation. Ainsi, quand bien même l’on poserait l’hypothèse d’un consensus quant à l’absence d’expiation, ce consensus n’impliquerait pas nécessairement l’obligation d’accomplir le vœu.

Or, selon Abū Thawr, la preuve s’est établie que la suspension — qu’il s’agisse de celle du divorce, de l’affranchissement ou du serment prononcé par leur intermédiaire — constitue un contrat valide en droit. Il estime en outre que le Coran indique l’expiation de tout serment et il agit en conséquence. Dans les cas où il ne connaissait aucune divergence portant sur la question de savoir si une expiation est due ou non, il a rendu l’expiation obligatoire. Quant à ce qu’il pensait être exempt de toute controverse quant à l’expiation — à savoir le divorce — il l’a tenu pour effectif.

En effet, il ne lui était pas possible d’affirmer que la suspension — surtout celle qui revêt la forme d’un serment — est nulle, non pas parce qu’il aurait rapporté un consensus en ce sens, mais en raison de la preuve qu’il avait. Il ne pouvait pas davantage se prononcer en faveur de l’expiation, parce qu’il ne connaissait personne qui l’ait adoptée et qu’il pensait le consensus contraire. Il lui a donc fallu conclure à la survenance du divorce, non parce que le Livre, la Sunna ou le qiyās l’exigeaient à ses yeux, mais parce que, d’après ses propres paroles, l’apparence des textes commande l’expiation de tout serment ; et, s’il avait su qu’un savant affirmait l’expiation du serment prononcé par divorce, il aurait dû la retenir, le Livre l’indiquant.

Tel est le sens de la réponse de l’auteur lorsqu’il dit :
« Abū Thawr a suivi ce principe de façon conséquente et l’a appliqué à l’affranchissement ; or, pour lui, le divorce [168/a] est assimilé à l’affranchissement lorsqu’aucun consensus n’existe, et l’on a démontré qu’il n’y a pas de consensus en la matière : il s’ensuit donc, selon la méthodologie d’Abū Thawr, que le divorce assorti d’un serment ne se produit pas, mais qu’il exige une expiation. Cette conclusion ressort de ses fondements plus encore que des fondements d’al-Shāfi‘ī et d’Aḥmad.

Ceci est semblable aux formulations conditionnelles rapportées d’al-Shāfi‘ī et d’autres imams, lorsqu’ils disent : « Il a été transmis au sujet de cette question un hadith ; s’il est authentique, je l’adopte » (2). On comprend alors que, s’il est authentique, il

(1) À l’origine : « لغوًا » ; quant à « الجادة », c’est la lecture que j’ai retenue. (2) Taqī ad-Dīn as-Subkī a composé un traité intitulé Maʿnā qawl al-imām al-muṭlabī : idhā ṣaḥḥa al-ḥadīth fa-huwa madhhabī, plusieurs fois édité. Le cheikh Saʿīd ʿAbd al-Qādir Bāshanfar a, pour sa part, rédigé un traité intitulé al-Naẓar fīmā ʿallaqa al-Shāfiʿī al-qawl bihi ʿalā ṣiḥḥat al-ḫabar, où il réunit cinquante-deux questions sur lesquelles al-Shāfiʿī fonde sa position en s’appuyant sur la validité du ḥadīth.
النذر لغوٌ (١) ليس فيه لزوم ولا كفارة، فإذا قُدِّرَ إجماعهم على نفي التكفير= لم يلزم إجماعهم على اللزوم، بل أبو ثور قام عنده الدليل على أَنَّ التعليقَ ــ تعليق الطلاق والعتاق والحلف بها ــ عقدٌ صحيح في الشرع، ورأى أَنَّ القرآن يدل على تكفير كل يمين، فعمل بموجب ذلك. فما علم فيه نزاعًا؛ هل يكفر أو لا يكفر؟ فأوجب فيه الكفارة، وما ظن أنه لا نزاع في تكفيره ــ وهو الطلاق ــ ألزمَ به، لأنه لم يمكنه أَنْ يقول: إِنَّ التعليق ــ لا سيما التعليق الذي يقصد به اليمين ــ باطلٌ؛ لا لإجماعٍ حكاه في ذلك، بل لما عَرَفَهُ من الدليل، ولم يمكنه القول بالكفارة لأنه لم يعلم به قائلًا، وظنَّ الإجماع على خلافه؛ فلزم من ذلك أن يقول بوقوع الطلاق لا لأن الكتاب اقتضى ذلك عنده ولا السنة ولا القياس، بل كلامه يدل على أَنَّ ظاهر النص يقتضي تكفير كل يمين، وأنه لو عرف أَنَّ قائلًا يقول بتكفير الحلف بالطلاق = لوجب القول بذلك لدلالة الكتاب عليه. وهذا معنى قول المجيب حيث قال: أبو ثورٍ طَرَدَ هذا الأصل، وقال بموجبه في العتق، وأَنَّ الطلاق [١٦٨/ أ] عنده بمنزلة العتق إذا لم يكن فيه إجماع، وقد تبين أنه لا إجماع فيه = فيلزم على أصل أبي ثور أنه لا يقع الطلاق المحلوف به بل يكفر، وذلك على أصله ألزم منه على أصل الشافعي وأحمد، وهذا بمنزلة الأقوال المعلقة للشافعي وغيره من الأئمة إذا قال: قد روي في المسألة خبرٌ إِنْ صَحَّ قلتُ بِهِ (٢) ؛ فيعلم أنه إذا كان صحيحًا فإنه
(١) في الأصل: (لغوًا)، والجادة ما أثبتُّ. (٢) وقد ألَّف تقي الدين السبكي رسالة بعنوان (معنى قول الإمام المطلبي: إذا صحَّ الحديث فهو مذهبي) طبعت عدة مرات. كما ألَّف الشيخ سعيد عبد القادر باشنفر رسالة بعنوان (النظر فيما علَّق الشافعي القول به على صحة الخبر) وقد جمع اثنتان وخمسون مسألة علَّق الشافعي القول فيها على صحة الحديث.

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