Et Abū Thawr a clairement établi que, pour lui, le terme ijmāʿ signifie : ne pas avoir connaissance d’une divergence, et non pas savoir avec certitude qu’aucune divergence n’existe ; c’est ainsi qu’il échappe à la réprobation d’Aḥmad à l’égard de quiconque prétend au consensus. En effet, Aḥmad déclare, dans le récit transmis par son fils ʿAbd Allāh (1) : « Celui qui prétend au consensus a menti ; il se peut que les gens aient divergé. Telle est la prétention de Bishr al-Marīsī et d’al-Aṣamm (2). Qu’il dise plutôt : “Nous ne savons pas que les gens aient divergé” ou bien : “La chose ne lui est pas parvenue.” »
Al-Marwaḏī (3) rapporte également de lui qu’il a dit : « Il n’est pas permis à un homme d’affirmer : “Ils sont unanimes.” Lorsque tu les entends dire : “Ils sont unanimes”, soupçonne-les ; s’il disait : “Je ne connais pas d’opposant”, cela serait acceptable. »
De même, Abū Ṭālib (5) rapporte de lui qu’il a dit : « C’est un mensonge ! Comment sait-il que les gens sont unanimement d’accord ? Qu’il dise plutôt : “Je ne connais pas, à ce sujet, de divergence” ; cela est préférable à son affirmation : “Le consensus des gens” (6). »
Et Abū al-Ḥārith rapporte encore de lui : « Il ne convient à personne de revendiquer, dans son propos, le consensus… »