Il n’a donc pas présenté cela comme un consensus (ijmâʿ) de la communauté ni de ses savants ; en effet, il n’avait pas connaissance de l’avis de l’ensemble des ulémas sur la question et n’a fait que rapporter la parole de ceux dont il se souvenait. Cela prouve qu’Ibn al-Munḏir ignorait les opinions des autres savants à ce sujet et qu’il n’a pas, sur cette question, transmis un consensus susceptible d’être opposé comme preuve, ainsi que le montrent les expressions qu’il emploie pour ce type d’« ijmâʿ » et pour d’autres, lesquelles révèlent clairement son intention.
Nous avons, de plus, signalé que nombre des consensus qu’il rapporte comme étant ceux de tous les savants renferment, en réalité, des divergences qui ne lui étaient pas parvenues ; à plus forte raison lorsqu’il ne transmet que l’avis de ceux dont il se rappelle la parole ! Inévitablement, de telles situations comportent de nombreuses divergences qu’il ne connaissait pas.
Lorsqu’il veut rapporter un consensus général, il dit :
« Les gens de science sont unanimes pour affirmer que la prière n’est valable qu’avec la purification rituelle lorsque l’individu en a la possibilité » (1).
« Les gens de science sont également unanimes pour considérer que la sortie des excréments par l’anus, la sortie de l’urine par le sexe de l’homme ou par l’organe intime de la femme, la sortie du madhî, l’émission de gaz par l’anus, ainsi que la perte de raison – quelle qu’en soit la cause – rompent l’état de pureté rituelle et rendent obligatoire l’ablution » (2).
Il dit encore :
« Les gens de science sont unanimes pour affirmer que le rire en dehors de la prière (3) ne rompt pas la purification rituelle et n’oblige pas à renouveler les ablutions » (4).
Et ils sont unanimes pour considérer que le rire pendant la prière annule celle-ci (5).