quant au consensus relatif à la question du divorce, il est également transmis de l’imâm Muḥammad ibn Naṣr al-Marwazī, l’un des plus savants quant aux divergences des Compagnons et de ceux qui leur succédèrent dans les règles juridiques.
Ibn ʿAbd al-Barr rapporte, dans « al-Istidhkâr » (1) : « Abû ʿAbd Allâh Muḥammad ibn Naṣr al-Marwazī a dit : “Si quelqu’un prête serment de se rendre à pied à La Mecque…” – et il poursuit son propos jusqu’à ces mots – Abû ʿUmar dit : “La divergence qu’a mentionnée Abû Thawr au sujet de l’affranchissement est celle rapportée par Muʿtamir ibn Sulaymân, c’est-à-dire l’athar de Laylâ bint al-ʿAjamāʾ.” Puis il ajoute : “J’ai dit : nous avons déjà traité cette opinion.” »
Ibn al-Munḏir a, lui aussi, rapporté un consensus ; il dit (2) : « Tous ceux dont nous conservons la parole parmi les gens de science sont unanimes pour affirmer que celui qui jure de divorcer de son épouse au sujet d’un acte qu’il n’accomplira pas, puis l’accomplit, le divorce se réalise contre elle ; tel est l’avis de Mâlik et des savants de Médine, de al-Layth ibn Saʿd et des savants d’Égypte, d’ash-Shâfiʿî, d’Aḥmad, d’Isḥâq, d’Abû Thawr, des Compagnons de l’opinion (Aṣḥâb ar-Raʾy) et d’Abû ʿUbayd (3). »
Réponse : le premier à avoir rapporté un consensus dans cette question est Abû Thawr, et ceux qui l’ont relayé, tels que Muḥammad ibn Naṣr et Ibn ʿAbd al-Barr, l’ont reçu de lui.
Quant à Ibn Jarîr aṭ-Ṭabarî – bien qu’il n’en ait pas fait mention – le consensus, pour lui, correspond à l’avis de la majorité ; son rapport ne saurait donc être retenu comme preuve.
S’agissant enfin d’Ibn al-Munḏir, son expression (4) est : « Tous ceux dont nous conservons la parole sont unanimes… »; or la méthode d’Ibn al-Munḏir, lorsqu’il emploie cette formule, consiste à rapporter [165/b] l’opinion de ceux dont il a mémorisé la position sur cette question.