En réalité, aucune des deux propositions n’est indépendante de l’autre ; rapporter leurs paroles à une telle dissociation est donc une erreur.
Quatrièmement : on ne connaît pas, dans la langue, quiconque ait jamais prononcé cette formule en la considérant comme deux phrases distinctes, sans aucun lien entre elles, à tel point qu’on puisse prétendre qu’elle possède, en langue arabe, un sens différent de celui qu’y voit la masse. Il en va autrement de l’énoncé : « An dakhalti d-dâr fa-anti ṭâliq » — avec la voyelle fatḥa — dont le sens, en arabe, est : « Du fait de ton entrée dans la maison, tu es répudiée », ce qui équivaut à la formule : « Tu es répudiée pour être entrée dans la maison. » Dès lors, cette tournure possède un sens dans la langue et un autre dans l’usage des ignorants de l’arabe,
contrairement à la parole : « Tu es répudiée, certes j’accomplirai telle chose », laquelle ne véhicule, en langue, aucun sens différent de celui que lui attribue le public.
Mais quand bien même l’on supposerait que cette tournure contrevient à la norme de l’arabe, elle relèverait de l’arabe néo-formé (al-ʿarabiyyatu l-muwallada) et non de l’arabe fautif (al-ʿarabiyyatu l-malḥūna).
En effet, l’arabe se divise en quatre catégories : 1) l’arabe pur (ʿarabiyya maḥḍa) ; 2) l’arabe exprimé (ʿarabiyya muʿrabah) — ces deux formes étant celles que parlaient les Arabes authentiques ; 3) l’arabe néo-formé, langue des Arabes muwalladûn, comme les poètes sont classés en « Arabes » et « Muwalladîn », avec des vocables tels que al-mâhiyya, al-kayfiyya, al-bayṭara, et autres semblables ; 4) enfin, l’arabe fautif.
Cinquièmement : à supposer que, dans l’usage des gens du commun, le sens de cette tournure diffère de celui qu’elle possède dans la langue, si un grammairien la prononce en visant ce que visent les gens du commun, on la comprendra en ce sens, car le grammairien