Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

En réalité, aucune des deux propositions n’est indépendante de l’autre ; rapporter leurs paroles à une telle dissociation est donc une erreur.

Quatrièmement : on ne connaît pas, dans la langue, quiconque ait jamais prononcé cette formule en la considérant comme deux phrases distinctes, sans aucun lien entre elles, à tel point qu’on puisse prétendre qu’elle possède, en langue arabe, un sens différent de celui qu’y voit la masse. Il en va autrement de l’énoncé : « An dakhalti d-dâr fa-anti ṭâliq » — avec la voyelle fatḥa — dont le sens, en arabe, est : « Du fait de ton entrée dans la maison, tu es répudiée », ce qui équivaut à la formule : « Tu es répudiée pour être entrée dans la maison. » Dès lors, cette tournure possède un sens dans la langue et un autre dans l’usage des ignorants de l’arabe,
contrairement à la parole : « Tu es répudiée, certes j’accomplirai telle chose », laquelle ne véhicule, en langue, aucun sens différent de celui que lui attribue le public.

Mais quand bien même l’on supposerait que cette tournure contrevient à la norme de l’arabe, elle relèverait de l’arabe néo-formé (al-ʿarabiyyatu l-muwallada) et non de l’arabe fautif (al-ʿarabiyyatu l-malḥūna).

En effet, l’arabe se divise en quatre catégories : 1) l’arabe pur (ʿarabiyya maḥḍa) ; 2) l’arabe exprimé (ʿarabiyya muʿrabah) — ces deux formes étant celles que parlaient les Arabes authentiques ; 3) l’arabe néo-formé, langue des Arabes muwalladûn, comme les poètes sont classés en « Arabes » et « Muwalladîn », avec des vocables tels que al-mâhiyya, al-kayfiyya, al-bayṭara, et autres semblables ; 4) enfin, l’arabe fautif.

Cinquièmement : à supposer que, dans l’usage des gens du commun, le sens de cette tournure diffère de celui qu’elle possède dans la langue, si un grammairien la prononce en visant ce que visent les gens du commun, on la comprendra en ce sens, car le grammairien

(1) Voir : Majmû‘ al-fatâwâ, vol. 5, p. 147 ; vol. 6, p. 99 ; vol. 31, p. 47 ; vol. 32, p. 252 ; al-fatâwâ al-kubrâ, vol. 4, p. 258 ; Majmû‘ al-rasâ’il wa-l-masâ’il, vol. 5, p. 52 ; Mukhtaṣar al-fatâwâ al-miṣriyya, p. 391 ; al-mustadrak ‘alâ Majmû‘ al-fatâwâ, vol. 5, p. 139 ; al-Jawâb al-Ṣaḥîḥ, vol. 5, pp. 10–11.
بالفعل، ليس إحدى الجملتين منفصلة عن الأخرى، فحمل كلامهم على ذلك غلط. الرابع: أنه لا يُعرف في اللغة مَنْ تكلم بهذا، وجعلهما جملتين منفصلتين، لا اتصال لإحداهما بالأخرى، حتى يقال: إنَّ لها معنًى في اللغة بخلاف معناها عند العامة، بخلاف قولهم: أَنْ دخلتِ الدار فأنت طالق بالفتح؛ فإنَّ معنى هذا في اللغة: لأجل دخول الدار أنت طالق، وهو كقوله: أنت طالق لدخولك الدار [١٦٣/ ب] فلهذا كان له معنى في اللغة، ومعنى في عرف الجهال بالعربية، بخلاف قوله: أنت طالق لأفعلنَّ كذا، فإنه ليس له معنى في اللغة يخالف معناه المعروف عند العامة. لكن لو قُدِّرَ أَنَّ هذا يخالف قياس العربية، لكان من العربية المولَّدة لا من العربية الملحونة. فإنَّ العربيةَ أربعةُ أنواع: عربية محضة، وعربية معربة؛ وكلاهما نَطَقَ بها العرب العرباء، وعربية مولَّدة؛ وهي ما نطق بها المولَّدون من العرب ــ كما يقسم الشعراء إلى عرب ومولَّدين ــ كلفظ الماهية والكيفية والبيطرة ونحو ذلك؛ والرابع: عربية ملحونة (١) . الخامس: أنه لو قُدِّرَ أَنَّ معناها عند العامة يخالف معناها في اللغة، فإذا تَكَلَّمَ بها النحوي وقصد ما يَقصده العامة حُمل على ذلك، فإنَّ النحوي
(١) انظر: مجموع الفتاوى (٥/ ١٤٧) (٦/ ٩٩) (٣١/ ٤٧) (٣٢/ ٢٥٢)، الفتاوى الكبرى (٤/ ٢٥٨)، مجموعة الرسائل والمسائل (٥/ ٥٢)، مختصر الفتاوى المصرية (ص ٣٩١)، المستدرك على مجموع الفتاوى (٥/ ١٣٩)، الجواب الصحيح (٥/ ١٠ - ١١).

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