Le caractère illicite m’incombe, ou l’affranchissement m’incombe, ou le pèlerinage m’incombe, ou l’aumône prélevée sur mes biens m’incombe, ou encore les serments des musulmans m’incombent ;
ou s’il déclare : « Le divorce m’est obligatoire si j’accomplis telle chose », ou « l’affranchissement m’est obligatoire si je l’accomplis », ou « le pèlerinage », ou « l’aumône prélevée sur mes biens », ou « un jeûne d’un mois m’est obligatoire si je l’accomplis » ; tout cela constitue, en langue arabe, une formule de suspension, sans l’ombre d’un doute, que l’on place la condition avant ou après.
Quant à la difficulté soulevée au sujet de la formule de serment, lorsqu’il dit : « Le divorce m’est obligatoire : certes, je ferai telle chose », ou « l’affranchissement m’est obligatoire : certes, je la ferai », ou « l’illicite m’incombe : certes, je la ferai », ou encore « les serments des musulmans » ou « les serments d’allégeance m’incombent : certes, je la ferai, ou je ne la ferai pas », et autres expressions analogues, cela relève bel et bien de la formule de SERMENT ; car il introduit la seconde proposition par la lām du serment, laquelle sert à introduire la réponse au serment, comme dans la formule : « Par Allah, je le ferai assurément ». Or cette lām, propre à la réponse au serment, n’apparaît que dans ce contexte ; c’est pourquoi on ne l’emploie qu’avec les tours utilisés dans la réponse au serment, soit pour l’affirmation, soit pour la négation (1).
De la même façon que l’on dit : « Par Allah, je le ferai assurément » ou « je ne le ferai pas », on dit : « Le divorce m’est obligatoire : certes, je le ferai » ou « je ne le ferai pas ». Or, comme il n’est pas d’usage, dans la langue arabe, d’énoncer l’affirmation sans la renforcer, ils en sont venus à dire : « Par Allah, je fais », tout en visant : « Je ne fais pas » ; de même que dans la Parole du Très-Haut :
« Par Allah ! Tu ne cesseras pas de rappeler Joseph » (Yūsuf, 85),
c’est-à-dire : « Tu ne cesseras pas » ; autrement dit : tu continueras à rappeler Joseph jusqu’à dépérir. L’absence des conséquences propres à l’affirmation montre que l’intention est la négation ; la particule de négation a donc été omise par concision, puisque le contexte la rendait manifeste. Or, nombre de gens du commun, toutefois, veulent réellement l’affirmation avec ce tour, et disent : « Par Allah, je me lève », c’est-à-dire : « Je me lèverai assurément ». Si telle est leur intention d’affirmation, on se conforme alors à leur usage, non à la langue des Arabes ; tout comme s’il disait : « an dakhala ad-dāra » avec la voyelle fatḥa sur « an », voulant dire :