C’est un nom verbal (ism al-maṣdar), comme al-kalām par rapport à at-takallum, an-nabāt par rapport à al-inbāt, al-ḥaraka par rapport à at-taḥrīk, et ainsi de suite (1). Le maṣdar renvoie à l’action en la rapportant à son agent (2), tandis que le nom verbal n’indique que l’action elle-même (3). Ainsi, al-kalām exprime le dénominateur commun entre at-taklīm et at-takallum ; al-ḥaraka exprime le dénominateur commun entre at-taḥrīk et at-taḥarruk ; et aṭ-ṭalāq exprime le dénominateur commun entre « ṭallaqa ar-rajulu imra’atahu » (l’homme a répudié son épouse) et « ṭaliqat hiya » (elle a été répudiée). Il peut cependant, grâce à un indice déterminant, se rapporter à l’une de ces deux acceptions : on dira par exemple « ṭallaqa ṭalāqan », auquel cas il signifie « taṭlīq » (l’acte de répudier), ou encore « ṭaliqat al-marʾatu ṭalāqan », où il devient le maṣdar du verbe réciproque. De même l’on dit : « kallamahu kalāman » et « takallama Zaydun kalāman » ; ou encore : « anbatahu inbātan » et « nabata huwa nabātan ». Or, ce que l’adversaire visait, c’était la formule suspendue (4) sur laquelle porte le serment.
Malgré cela, son affirmation : « Du point de vue linguistique, elle n’indique ni suspension ni serment » est erronée. S’agissant de la formule conditionnelle, l’erreur est manifeste : lorsqu’il dit « Si tu entres dans la maison, le divorce m’est obligatoire », il s’agit bel et bien, en arabe, d’une suspension, et nul – fût-ce le plus modeste connaisseur de ces questions linguistiques – n’en douterait. Il en va de même lorsqu’il dit : « Si tu fais telle chose… »