Il se peut également que l’on dise : « Le divorce m’est obligatoire par trois », entendant par là la mise à exécution immédiate du divorce, de sorte qu’elle devienne effectivement répudiée ; il ne vise nullement à signifier qu’il lui incombe, ultérieurement, de la divorcer. Toutefois, la formulation permet aussi, en langue, l’autre sens.
Il en est de même de l’énoncé conditionnel : s’il déclare : « Si je fais telle chose, le divorce m’est obligatoire » ou « m’incombe », l’apparence indique qu’il se contraint à ce que le divorce se réalise ; mais on peut également l’interpréter comme un vœu, c’est-à-dire : il m’est imposé de te répudier par la suite. Ainsi, qu’il s’agisse du conditionnel ou de l’énoncé absolu, la formule manifeste d’abord l’obligation de la survenance, tout en pouvant être comprise comme un vœu ; le fait qu’elle soit conditionnelle n’a donc aucune incidence, son existence ou son absence étant indifférente.
En effet, le vœu peut être subordonné à une condition tout comme la mise à exécution (du divorce) peut l’être, et la mise à exécution peut être absolue tout comme le vœu peut l’être. Mieux : le vœu conditionnel est valide par consensus, tandis que le divorce conditionnel fait l’objet d’une controverse ; inversement, le divorce prononcé de façon absolue prend effet par consensus, alors que le vœu absolu est discuté.
L’argument de celui qui avance : « Parce que cette formule est couramment employée dans le sens de la condition suspensive, au point qu’on n’en comprend plus que ce sens, comme si la coutume avait transféré cette question à cette signification » est donc invalide et sans fondement. Car l’expression est principalement connue pour signifier l’intention de faire advenir le divorce, non celle de formuler un vœu, qu’elle soit absolue ou conditionnelle ; et c’est là la raison pour laquelle le divorce prend effet. En vérité, son sens, lorsqu’on la prononce sans précision, est la réalisation du divorce, non le vœu de divorce ; ensuite, si l’on veut en faire un vœu, celui-ci peut être absolu ou conditionnel ; ce n’est donc pas le caractère conditionnel qui constitue le sens courant.
Et même si tel était le sens courant, cela ne suffirait pas à fonder l’effet d’un divorce prononcé de façon absolue par cette seule expression, comme dans la phrase : « Le divorce m’est obligatoire à ton égard », où n’apparaît aucune condition (1) [162/ A].