Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Cela équivaut à l’énoncé : « Tu es répudiée », « Tu es divorcée », et autres formulations similaires destinées à produire l’acte ; il se peut toutefois qu’elles servent à informer, sous-entendu : « Tu étais déjà répudiée auparavant » ou « Tu étais divorcée auparavant », que le divorce émane de moi ou d’un tiers. Ainsi, lorsqu’un homme parle de l’épouse d’autrui et dit : « Elle est divorcée », « Elle est répudiée », il ne fait qu’informer que son mari l’a répudiée ; il ne prétend pas avoir lui-même prononcé son divorce.

En revanche, si un homme dit à sa propre épouse : « Toi » – ou « elle », ou « telle femme » – « est divorcée » ou « répudiée », en visant par là l’instauration du divorce et non le constat d’un divorce antérieur, la répudiation est actée sans controverse.

Il en va de même lorsqu’il déclare : « Le divorce m’est obligatoire » ou « L’affranchissement m’est obligatoire » ; s’il entend par ces mots que leur réalisation lui incombe immédiatement, il s’agit d’une mise à exécution et non d’un vœu. Toutefois, cette tournure est très souvent employée à titre de serment – c’en est même l’usage dominant –, de sorte qu’il dira : « Le divorce m’est imposé si jamais je fais telle chose », tout comme il dira : « L’illicite m’est imposé si je fais telle chose », « Le pèlerinage m’est imposé si je fais telle chose », « Le ẓihâr m’est imposé si je fais telle chose », ou encore : « … si je ne fais pas telle chose ». Dans ce cas, il se rend redevable de ces actes en cas de parjure, lequel appartient à l’avenir, sans s’en rendre redevable immédiatement.

En effet, la forme verbale au présent (المضارع) et le nom d’agent (اسم الفاعل) peuvent renvoyer aussi bien au temps présent qu’au futur ; on les emploie donc tantôt dans l’une, tantôt dans l’autre de ces deux acceptions.

De même, s’il dit : « Les serments des musulmans » ou « les serments de la bayʿa me sont obligatoires si j’accomplis telle action », ou : « … si je ne l’accomplis pas », on peut comprendre qu’il s’oblige seulement à prêter serment par ces formules ; il est également possible d’y voir l’obligation, outre le serment, d’en assumer les conséquences en cas de parjure, car c’est le jurant qui s’engage, s’il manque à son serment, à supporter ce qu’il réprouve.

(1) Dans le texte original : « بتقديرات », alors que la lecture correcte est celle que j’ai retenue. (2) Voir : al-Dirāsāt al-Lughawiyya wa-al-Naḥwiyya fī Muʾallafāt Ibn Taymiyya, pp. 450, 454 ; at-Taḥbīr. Sharḥ al-Taḥrīr, vol. 1, p. 350.
كان بمنزلة قوله: أَنتِ مُطَلَّقة، وأَنتِ طالق، ونحو ذلك من الصيغ التي يقصد بها الإنشاء، وقد يراد بها الإخبار بتقديرِ أنتِ (١) مُطَلَّقَةٌ قبل هذا، أو أَنتِ طالق قبل هذا؛ إما مني وإما من غيري، كما يقول الرجل عن امرأة غيره: هي طالق، وهي مطلَّقة؛ يقصد الإخبار بأنَّ زوجها طلَّقَهَا لا أنه هو أنشأ طلاقها. لكن لو قال لزوجته: أَنتِ أو هي أو فلانة طالق أو مُطَلَّقَة وقصد به إنشاء الطلاق لا الإخبار عن طلاقٍ متقدم = كان تطليقًا بلا نزاع. فكذلك قوله: الطلاق لازمٌ لي أو العتق لازمٌ لي إذا قصد به أَنَّ وقوعه لازمٌ لي في الحال أو يلزمني في الحال = كان إيقاعًا ولم يكن نذرًا، ولكن كثيرًا ما يستعمل ذلك في اليمين، بل هو الغالب؛ فيقول: الطلاق يلزمني أو لازم لي لأفعلنَّ كذا؛ كما يقول: الحرام يلزمني لأفعلنَّ كذا، والحج يلزمني لأفعلنَّ كذا، والظهار يلزمني لأفعلنَّ كذا، أو إِنْ لم أفعل كذا؛ فهنا قد جعل ذلك لازمًا له إذا حنث، والحنث مستقبل، ولم يجعل ذلك لازمًا له في الحال. وصيغة المضارع واسم الفاعل تصلح للحال والاستقبال (٢) ؛ فلهذا يراد بها هذا تارة وهذا تارة. وإذا قال: أيمان المسلمين أو أيمان البيعة تلزمني لأفعلنَّ كذا، أو إِنْ لم [١٦١/ أ] أفعل كذا؛ فقد يحتمل: يلزمني الحلف بها، وقد يحتمل: يلزمني الحنث فيها مع الحلف؛ فإنَّ الحالف هو الذي يلتزم عند الحنث ما يكره
(١) في الأصل: (بتقديرات)، والصواب ما أثبتُّ. (٢) انظر: الدراسات اللغوية والنحوية في مؤلفات ابن تيمية (ص ٤٥٠، ٤٥٤)، التحبير شرح التحرير (١/ ٣٥٠).

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