Quant aux Khorâsâniens, tels qu’al-Qaffâl et l’auteur de la Tatimma (1), un groupe parmi les disciples d’al-Shâfiʿî à notre époque – issus de Khurâsân, de la Djazîra ainsi que de certains habitants de Tabrîz (2) – et d’autres encore (3), émettent également leurs fatwâs conformément à cette opinion.
L’argument invoqué à l’appui de cette thèse est que la parole : « Le divorce m’est obligatoire », « L’affranchissement m’est obligatoire », « Les serments des musulmans m’obligent » ou « Les serments d’allégeance m’obligent » constitue une formulation de vœu (nadhr) et non une formule de mise à exécution. Tel est, en outre, le choix de certains mâlikites, comme Abû ʿUmar ibn al-Qaṭṭân (4), qui l’a mentionné à propos du serment prêté « par les serments des musulmans ».
Les savants ont divergé au sujet de ces expressions : constituent-elles un énoncé explicite de mise à exécution, une allusion (kinâya) à celle-ci, ou ne sont-elles ni explicites ni allusives ? Trois avis ont été avancés à ce propos, soit trois positions concernant
(1) C’est ainsi que je l’ai lu. Voir Majmū‘ al-fatāwā, vol. 33, p. 131 ; al-Fatāwā al-Kubrā, vol. 3, p. 305 ; Qā‘idat al-‘uqūd, vol. 1, pp. 301-302 et vol. 2, p. 310. Ce propos est attribué à l’auteur du Sharḥ al-Tanbīh : on en trouve la mention à la fin de la Risāla al-ijtimā‘ wa-l-iftiqār fī masā’il al-aymān wa-l-ṭalāq, d’après le manuscrit d’Ibn Rashīq (p. 99), et Ibn al-Qayyim le rapporte également dans l’Ighāthat al-lahfān, vol. 2, p. 793.
(2) Le nom s’écrit avec un a puis un i au premier radical. Il s’agit de l’une des villes les plus célèbres d’Azerbaïdjan : une cité florissante et agréable, dont les habitants figurent parmi les plus aisés et les plus fortunés du pays. Elle est entourée de murailles solides, traversée par plusieurs fleuves et bordée de vergers. Voir al-Amākin d’al-Hamdānī, p. 152 ; Ma‘jam al-buldān, vol. 2, p. 13 ; Āthār al-bilād wa-akhbār al-‘ibād, p. 339 ; Marāṣid al-iṭṭilā‘, vol. 1, p. 252.
(3) Voir la désignation chez certains auteurs dans : I‘lām al-muwaqqi‘īn, vol. 4, p. 433 sq. ; et Ma‘ṭīyat al-amān min hanth al-aymān, p. 234 sq.
(4) Bayāḍ désigne, à l’origine, l’espace d’un mot ou de deux ; c’est sans doute ce que j’ai retenu : Abū ʿUmar propose des choix et des opinions que les Mālikites rapportent dans leurs ouvrages.