Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Il dit : On peut donc inférer de là que celui qui prononce : « Le divorce m’est obligatoire » ou « Le divorce m’est imposé » – aucune répudiation ne prend effet dans son cas.

Nos condisciples d’Irak, en revanche, déclaraient au sujet de celui qui dit : « Le divorce m’est imposé » que le divorce se réalise effectivement, car, dans l’usage des gens, cette formule renvoie à la répudiation elle-même. Muḥammad b. Maslama (1) affirmait, pour sa part, que le divorce se réalise en toute circonstance.

Al-Hinduwānī rapporte d’ʿAlī b. (2) Aḥmad, d’après (3) [Naṣr] (4) b. Yaḥyā, d’après Muḥammad b. Muqātil, qu’il a dit : « La question fait l’objet d’une divergence. »

Abū Ḥanīfa – qu’Allāh lui fasse miséricorde – a dit : « Si quelqu’un dit : “Le divorce m’est imposé” ou “Le divorce m’est obligatoire”, le divorce ne prend pas effet. »

Muḥammad [b. al-Ḥasan] a déclaré : « Il prend effet lorsqu’il dit : “imposé”, et ne prend pas effet lorsqu’il dit : “obligatoire”. »

Ibn Samāʿa (5) rapporte d’Abū Yūsuf, dans ses Nawādir, au sujet d’un homme ayant dit : « Je me suis obligé au divorce de mon épouse » ou « Je me suis obligé à l’affranchissement de cet esclave » : s’il a réellement visé le divorce ou l’affranchissement, ceux-ci prennent effet ; à défaut d’intention, rien ne lui incombe.

De même, s’il déclare : « Je me suis obligé au divorce de cette épouse si j’entre dans la maison » ou « à l’affranchissement de cet esclave », puis qu’il entre effectivement dans la maison, divorce et affranchissement prennent effet s’il en avait l’intention ; sans intention, il n’en résulte rien (6).

Cette opinion rapportée d’Abū Ḥanīfa est également celle d’un groupe parmi les disciples d’al-Shāfiʿī.

(1) Dans al-Mabsut (tome IX, p. 34) et dans Bada‘i‘ al-Ṣanā’i‘ (tome V, p. 89) : Muḥammad ibn Salama. (2) C’est ainsi dans le texte original, avec l’alif. (3) Dans Bada‘i‘ al-Ṣanā’i‘ : « bin ». (4) Blanc (vide) dans le manuscrit original sur l’équivalent d’un ou deux mots ; rétabli d’après Bada‘i‘ al-Ṣanā’i‘. (5) Dans l’original : « ʾanna » ; rétabli d’après Bada‘i‘ al-Ṣanā’i‘. (6) Voir Bada‘i‘ al-Ṣanā’i‘ (tome V, p. 89).
قال: وهذا يُستدل به على أَنَّ مَنْ قالَ: الطلاقُ عليَّ واجب أَوْ لِيْ لازم لا يقع طلاقه. وكان أصحابنا بالعراق يقولون فيمن قال: الطلاق لي لازم: إنه يقع طلاقه لِعُرْفِ الناس أنهم يريدون به الطلاق، وكان محمد بن مسلمة (١) يقول: إِنَّ الطلاق يقع [١٦٠/ أ] بكل حال. وحكى الهندواني: عن علي ابن (٢) أحمد، عن (٣) [نصر] (٤) بن يحيى، عن محمد بن مقاتل أنه قال: المسألة على الخلاف. قال أبو حنيفة ــ رحمه الله تعالى ــ إذا قال: الطلاق لي لازم أو عليَّ واجب لم يقع. وقال محمد: يقع في قوله لازم ولا يقع في قوله واجب. وحَكَى [ابن] (٥) سماعة عن أبي يوسف في نوادره في رجل قال: أَلزمتُ نفسي طلاق امرأتي، أو ألزمت نفسي عتق عبدي هذا؛ إِنْ أرادَ الطلاق والعتاق فهو واقع، وإلا لم يلزمه. وكذلك لو قال: ألزمت نفسي طلاق امرأتي هذه إنْ دخلتُ الدار، أو عتق عبدي هذا فدخل الدار وقع الطلاق والعتاق إِنْ نوى ذلك، وإذا لم ينو فليس بشيء (٦) . وهذا القول المنقول عن أبي حنيفة هو قول طائفة من أصحاب الشافعي
(١) في المبسوط (٩/ ٣٤)، وبدائع الصنائع (٥/ ٨٩): محمد بن سلمة. (٢) كذا في الأصل بالألف. (٣) في بدائع الصنائع: (بن). (٤) بياض في الأصل مقدار كلمة أو كلمتين، والمثبت من بدائع الصنائع. (٥) في الأصل: (أنَّ)، والمثبت من بدائع الصنائع. (٦) انظر: بدائع الصنائع (٥/ ٨٩).

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