Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

quant aux objets concrets, c’est a fortiori et avec plus de raison : tout ce qui empêche l’obligation de s’établir dans la dhimma en empêche également l’assujettissement aux objets concrets, alors que l’inverse n’est pas vrai. Celui donc qui soutient que l’intention d’un serment fait obstacle à l’obligation dans la dhimma sans empêcher qu’elle pèse sur les choses concrètes inverse la Sharîʿa. Or, s’il est admissible de rapporter les propos des Compagnons et des Tâbiʿîn par voie de déduction, d’analogie et d’inférence, il est d’autant plus prioritaire de les rapporter d’une manière conforme aux principes de la Loi sacrée et appuyée par leurs paroles, plutôt que de les rapporter d’une façon que leurs paroles ne corroborent pas et qui leur imputerait, de surcroît, une opposition aux fondements mêmes de la Sharîʿa.

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Quant à ce qu’a rapporté l’opposant au sujet d’Abû al-Fatḥ al-Tûsî : il aurait émis une fatwâ pour celui qui dit « Le divorce m’est imposé si je ne romps pas mon serment », ajoutant : « Imposer ce qui n’est pas obligatoire n’engendre aucune obligation », propos qui seraient largement répandus de sa part (1) ; eh bien, cette opinion est, en réalité, transmise de façon explicite d’Abû Ḥanîfa lui-même.

Abû al-Ḥusayn al-Qudûrî rapporte, dans son Commentaire du Mukhtaṣar d’al-Karkhî : Muḥammad [ibn al-Ḥasan] a dit dans al-Aṣl (2) : « Si un homme dit : “Il m’incombe de me rendre à pied à la Maison d’Allah, tout esclave qui m’appartient est affranchi et toute femme qui m’est liée est répudiée, si j’entre dans la maison.” »

Puis, si un autre homme dit : « Il m’incombe ce que tu t’es imposé à toi-même, si j’entre dans la maison », et que le second entre effectivement dans la maison, il lui incombe alors la marche [vers La Mecque], mais ni l’affranchissement ni le divorce ne lui incombent (3).

Muḥammad ajouta : « Ne vois-tu pas que, s’il avait dit : “Le divorce de mon épouse m’incombe”, le divorce ne se serait pas réalisé à son encontre ? »

(1) «al-Taḥqīq», p. 43b. (2) t. II, p. 368. (3) Dans l’original : «lā yalzamuhu shayʾ» («il n’a besoin de rien»), ce qui est erroné tant par son opposition aux écrits des ḥanafites que par l’inadéquation de la formulation.
الأعيان بطريق الأولى والأحرى، فإن كل ما منع اللزوم في الذمة منع اللزوم في الأعيان ولا ينعكس؛ فمن جعل قصد اليمين يمنع اللزوم في الذمة ولا يمنع اللزوم في الأعيان فقد عكس الشريعة، فإن جاز أن تُنقل أقوال الصحابة والتابعين بالتخريج والقياس والاستنباط، فَنَقْلُهُ لما يوافق أصول الشرع ويدل عليه كلامهم أولى من نقله على وَجْهٍ لا يدل عليه كلامهم ويلزمهم مع ذلك مخالفتهم لأصول الشرع. فصلٌ وأما ما ذكره المعترض عن أبي الفتح الطوسي أنه كان يفتي في قوله: الطلاق يلزمني بعدم الحنث، ويقول: إلزام ما لا يلزم فلا يلزم، وأن ذلك مستفيضٌ عنه (١) ؛ فهذا القول منقول صريحًا عن أبي حنيفة نفسه. قال أبو الحسين القدوري في شرح مختصر الكرخي: قال محمد في الأصل (٢) : إذا قال رجل: عليَّ المشي إلى بيت الله وكل مملوك لي حر وكل امرأة لي طالق إذا دخلت الدار. فقال رجلٌ: عليَّ مثلما جعلتَ على نفسك إِنْ دخلتُ الدار، ثم دخل الثاني الدار، فإنه [يلزمه المشي] (٣) ، ولا يلزمه العتاق والطلاق. ثم قال: ألا ترى أنه لو قال: عليَّ طلاق امرأتي، فإن الطلاق لا يقع عليه.
(١) «التحقيق» (٤٣/ ب). (٢) (٢/ ٣٦٨). (٣) في الأصل: (لا يلزمه شيء)، وهو خطأ لمخالفته لما في كتب الحنفية، ولعدم استقامة الكلام به.

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