Selon les deux versions rapportées d’Ahmad, le vœu absolu demeure une dette dans la dhimma, et Allâh — Très-Haut — est plus en droit d’agréer l’acquittement (1) de la dette qui pèse sur le défunt que ne le sont les serviteurs. Le Prophète — qu’Allâh prie sur lui et le salue — l’a expliqué lorsqu’on l’interrogea à ce sujet :
Une femme se présenta et dit :
« Ô Messager d’Allâh, ma mère est décédée alors qu’elle devait un jeûne de vœu ; puis-je jeûner pour elle ? »
Il répondit :
« Que penses-tu ? Si ta mère avait une dette [159/a] et que tu la réglais pour elle, cela la déchargerait-il ? »
— « Oui », répondit-elle.
Il dit alors :
« Jeûne donc pour ta mère. »
Dans une autre variante : « La dette d’Allâh est plus digne d’être acquittée. »
Et dans une narration : « … est plus digne d’être réglée. »
Ce ḥadith est rapporté par Ibn ʿAbbâs dans les deux Ṣaḥîḥ (2) ; dans une autre version : « Un homme vint… » (3), et c’est avec ce texte qu’al-Bukhârî complète sa chaîne.
Allâh — glorifié et exalté soit-Il — est plus miséricordieux et Sa dette plus impérative. Parmi les piliers de l’islam, aucun n’est accompli pour autrui, si ce n’est le ḥajj, car le fils est autorisé à l’effectuer pour son père très âgé ; l’incapable ne pouvant l’accomplir ni par lui-même ni par ses biens sans la présence corporelle d’autrui, la représentation y est admise par nécessité. Il n’en va pas ainsi de la prière obligatoire, qu’il peut accomplir lui-même, ni du jeûne obligatoire, qu’il peut racheter en nourrissant (4) [les pauvres].
Le Législateur a donc imposé les piliers de l’islam au corps de la personne ; si elle en est incapable, ils portent sur ses biens ; et si elle est incapable des deux, un tiers se substitue à elle. C’est pourquoi, selon la majorité, le tuteur du mineur et celui du dément s’acquittent de la zakât en leur nom. Quant à l’adulte sain d’esprit, il doit l’acquitter soit lui-même, soit par un mandataire, en ayant l’intention de la verser. Si l’imâm la prélève de force, elle est considérée comme acquittée extérieurement, tout comme les dettes réglées pour lui s’éteignent ; toutefois, il n’en recevra pas la récompense s’il ne l’a pas intentionnée.