Certains savants postérieurs ont opéré une distinction entre les deux types de suspension – parmi eux al-Shâfiʿî, Aḥmad b. Ḥanbal, Isḥâq, Abû ʿUbayd, et d’autres des Anciens dont on rapporte cette opinion, telle une version attribuée à al-Ḥasan al-Baṣrî (1) – en considérant qu’ils partagent une qualification dépendant de l’estimation du mujtahid (2). Ces savants reconnaissent donc que ce facteur est déterminant, d’où les différenciations qu’ils exposent. Aucun savant équitable ne dira que tout cela est dépourvu de toute source et de tout fondement.
Il est par ailleurs notoire qu’une affirmation explicite distinguant la suspension du divorce de celle de l’affranchissement n’est transmise, avec chaîne de narration, ni des Compagnons ni, de façon abondante, des Successeurs ; pour ma part, je ne connais d’énoncé explicite en ce sens que la version rapportée d’al-Ḥasan al-Baṣrî, alors que l’avis contraire est de lui plus solidement établi, rapporté par deux voies.
Toutefois, on peut arriver à cette distinction par voie de takhrîj, tout comme on peut en déduire l’opposé par la même voie ; en effet, on ne dispose que de quelques réponses éparses (3) touchant à la suspension du divorce utilisée comme serment, où le divorce deviendrait effectif ; dès lors, leur position concernant l’affranchissement devrait être identique, puisqu’il n’existe pas de différence.
Parmi ces mêmes savants, certains ont encore fait l’objet d’une transmission selon laquelle, pour la suspension d’un vœu, l’expiation suffit (4) ; ce point de vue, ainsi que son contraire, est rapporté d’ʿAṭâʾ et de quelques Successeurs.
Dans ce cas, cette déduction est contrée par une déduction de même nature sous deux angles :
- l’on avancera qu’il ressort également de leurs propos, au sujet de la suspension d’un vœu, qu’elle devient obligatoire, tout comme ils l’ont affirmé pour la suspension du divorce prise comme serment ;
- ou l’on dira : au contraire, parmi ceux-là