De même, lorsqu’un homme suspend le divorce à l’apparition d’une qualité qu’il réprouve, tout en retenant le choix du divorce si cette qualité se réalise – ainsi lorsqu’il dit : « Si je t’épouse, tu es divorcée » –, bien que son intention soit de prévenir la condition, aucun Compagnon n’a jamais qualifié cela de serment, pas plus qu’un Successeur, et nul musulman n’a considéré qu’il s’agissait d’un serment passible d’expiation. Le débat ne s’engage qu’au cas où l’on jure dans des termes comparables.
Pourtant, le point de ressemblance entre les deux situations est que chacune comporte à la fois exhortation et interdiction, alors même que l’auteur de la suspension ne veut pas la conséquence à l’avènement de la condition : il ne désire ni la condition ni la conséquence lorsque celle-ci survient. Tous deux partagent donc l’aversion tant pour la condition que pour la conséquence, fût-ce au moment où la condition se réalise.
Septième réponse : Quant à sa parole : « Mais il s’agit de deux motifs différents : dans le vœu de contestation, il craint que ne devienne obligatoire ce à quoi il s’est astreint dans cette éventualité, alors qu’ici il craint que ne survienne ce qu’il a fait dépendre de cette éventualité ; l’exhortation et l’interdiction ne proviennent que de cette considération », nous lui répondons :
Cette part commune à l’un et l’autre cas – à savoir que chacun s’est interdit quelque chose ou s’est incité à agir par crainte du préjudice qu’il a suspendu, et qu’il redoute de voir s’imposer – constitue précisément la notion de serment grâce à laquelle on distingue le vœu de contestation et de colère du vœu-serment. Le fait que, dans l’un, la crainte porte sur l’obligation de ce qu’il a assumé, et que, dans l’autre, elle porte sur l’avènement de ce qu’il a prononcé, est une distinction dépourvue de portée. De même que l’obligation de ce qu’il a assumé en pareil cas ne s’établit pas lorsque son intention était le serment, de même l’avènement de ce qu’il a prononcé ne s’établit pas, dans ce cas, lorsque son intention est celle du serment. L’affirmation de celui qui prétend que l’intention de serment empêche l’obligation mais non la survenance est une différenciation entre choses identiques ; il n’existe, en réalité, aucune distinction reconnue par la Loi.