ils Le rencontreront, pour avoir manqué à Allah ce qu’ils Lui avaient promis et pour avoir menti » (at-Tawbah, 77).
En résumé, ce vœu est obligatoire selon le consensus. Certains ont toutefois soutenu qu’il serait permis de se contenter d’une expiation (kaffâra) ; quelques-uns ont même attribué cette opinion à l’imâm Aḥmad, mais c’est là une méprise à son sujet, et l’on ne connaît aucun savant déterminé qui ait réellement émis cette affirmation. Quoi qu’il en soit, le vœu impose soit l’accomplissement de l’acte voué, soit l’expiation.
On rapporte pourtant cette opinion de quelques spécialistes du ḥadith, qui s’appuient sur la parole du Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – : « L’expiation du vœu est celle du serment » (1). Or, cette position ne possède aucun fondement avéré chez Aḥmad, et l’exécution d’un vœu d’obéissance est obligatoire d’après le Livre, la Sunna et le consensus.
En somme, cela est admis par l’ensemble des composantes de la communauté. Puisqu’il en est ainsi, tandis que l’auteur du vœu s’est engagé, dans sa propre responsabilité, à accomplir certains actes devenus obligatoires dès lors qu’il en a la capacité, il apparaît que le fait que l’objet du vœu consiste en l’engagement d’un acte relevant de la charge personnelle n’est pas une caractéristique empêchant la sanction ni l’établissement de l’obligation dans la conscience lorsque se réalise la condition qui la déclenche.
Or, puisque cette obligation est levée dans le vœu de contestation et de colère (nadhru l-lajāji wa-l-ghaḍab), il est clair que la cause dispensatrice n’est pas cette caractéristique commune au vœu de dévotion (nadhru t-tabarrur) et au vœu de contestation et de colère, mais bien une caractéristique propre à ce dernier. Si la cause avait été commune, aucun vœu n’aurait été obligatoire, ce qui contredirait l’accord unanime, ce que reconnaît tout contradicteur et ce que réfutent les textes.
Il appert donc que ce discriminant a établi une distinction fondée sur une qualité nulle et non avenue en droit révélé, érigée à tort en obstacle au caractère obligatoire. En réalité, l’obligation demeure, dès lors que le vœu générateur d’obligation est formulé. Si, dans le vœu assimilé au serment, l’obligation ne s’est pas établie, c’est uniquement parce que le vœu générateur fait défaut (2), et non parce que son objet consisterait en l’engagement d’un acte relevant de la charge personnelle.