Le partisan de la distinction, ainsi que ceux qui lui ressemblent, entre donc dans cette catégorie.
On lui rétorquera :
« Dans le vœu, la suspension (maʿallaq) concerne l’obligation d’un acte que l’on s’engage à assumer dans sa propre responsabilité, alors que, dans le divorce et l’affranchissement, la suspension vise la réalisation d’un jugement sur un sujet déterminé, jugement qui ne requiert pas de nouvelle formulation de divorce ou d’affranchissement ; il se met donc en œuvre sans intervention supplémentaire. Ainsi, lorsque quelqu’un suspend un acte qu’il entend ériger en vœu – par exemple en disant : “Si Allah guérit mon malade ou me ramène mon bien absent, il m’incombera de faire le pèlerinage, ou de donner mille dirhams en aumône, ou de jeûner un mois, ou encore de libérer mon esclave Untel” –, ce qui est suspendu ici, c’est l’obligation d’un acte qui pèse sur sa conscience dès la réalisation de la condition. Il se peut qu’il s’acquitte de cette obligation, comme il se peut qu’il y manque. Ce qui est conditionné n’est pas l’affranchissement lui-même, mais l’initiation de l’affranchissement. Néanmoins, du fait qu’il s’agit d’une suspension contraignante, l’obligation s’est fermement fixée dans sa charge ; selon le texte et le consensus, il n’a plus le choix entre agir ou délaisser.
Allah – Exalté soit-Il – dit :
« Parmi eux, certains ont fait un pacte avec Allah : “S’Il nous accorde de Sa grâce, nous ferons sûrement l’aumône et nous serons assurément parmi les vertueux.” (75) Mais lorsqu’Il leur accorda de Sa grâce, ils s’en montrèrent avares, se détournèrent et s’éloignèrent (76). Il fit donc naître l’hypocrisie dans leurs cœurs jusqu’au jour où ils Le rencontreront, parce qu’ils manquèrent à Allah ce qu’ils Lui avaient promis et parce qu’ils mentaient » (at-Tawbah, 75-77).
Il s’agit là d’un vœu qui pèse sur la conscience, sans viser un objet déterminé.
Le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – a dit : « Quiconque a fait le vœu d’obéir à Allah, qu’il Lui obéisse » (1). Il a également blâmé la quatrième génération en disant : « Ils font des vœux, mais ne les accomplissent pas » (2). Il a encore dit : « Les signes de l’hypocrite sont trois : lorsqu’il parle, il ment ; lorsqu’il promet, il trahit ; et lorsqu’on lui confie quelque chose, il trahit la confiance » (3).
Or, celui qui fait un vœu a promis à Allah – Très-haut – une promesse qu’il lui incombe de tenir, comme l’a affirmé la Parole d’Allah : « Il fit donc naître l’hypocrisie dans leurs cœurs jusqu’au jour… »