Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Quatrième réponse :
L’objection formulée par celui qui distingue entre les deux cas consiste à dire : lorsqu’une personne déclare : « Si j’accomplis telle chose, il m’incombe d’affranchir mon esclave Untel », il s’agit d’un vœu de dispute et de colère (nadhru l-lajāj wa-l-ghaḍab), car la condition porte sur l’obligation de procéder à l’affranchissement, et non sur l’affranchissement effectif. Or, celui qui s’oblige à procéder à l’acte peut s’acquitter de ce qui lui incombe comme il peut ne pas s’en acquitter, tandis que celui qui suspend l’effet même de l’acte n’est plus en mesure de revenir sur la conséquence qu’il a admise. De même, celui qui subordonne le divorce ou l’affranchissement à une condition dans son énoncé (1) entend par là que, lorsque la condition se réalise, la femme devienne divorcée et l’esclave libre, et non qu’il prononce alors un nouvel acte de divorce ou d’affranchissement. Tel est le sens et l’intention de ses propos ; or il existe entre ces deux sens une différence considérable ; la distinction entre ce cas et le vœu de dispute et de colère apparaît donc manifeste.

On lui répond :
La distinction vaut la similitude : il n’est pas permis de réunir une branche et sa racine ni de les séparer dans les statuts juridiques, si ce n’est au moyen des caractères opérants en droit que le Législateur a choisis pour y rattacher les jugements, et non au moyen d’autres caractères, fussent-ils parmi les plus évidents (2). Quiconque réunit ce qu’Allāh a séparé se trouve à la place de ceux qui ont dit : « Le commerce est semblable à l’usure », ou de ceux qui ont dit : « Vous mangez ce que vous avez vous-mêmes tué, et vous ne mangez pas ce qu’Allāh a tué », comparant ainsi la bête morte à l’animal correctement abattu, et l’usure à la vente.

(1) À l’origine : « kullahumā ». Le terme attesté ici est celui mentionné en tête du chapitre, et il l’est également dans al-Taḥqīq. (2) Ibn Taymiyya a exposé ce sens en de nombreux passages, notamment : Majmūʿ al-Fatāwā (t. 20, p. 395 ; t. 21, p. 27 ; t. 23, p. 297 ; t. 24, p. 35 ; t. 27, p. 316), al-Fatāwā al-Kubrā (t. 6, p. 267), Majmūʿ al-Rasāʾil wa-al-Masāʾil (t. 2, p. 4), Jāmiʿ al-Masāʾil (t. 2, p. 206), al-Mustadrak ʿalā Majmūʿ al-Fatāwā (t. 2, p. 155), al-Istiḳāma (t. 1, p. 343), al-Ṣārim al-Maslūl (t. 3, p. 771), Sharḥ ʿUmdat al-Fiqh (t. 1, p. 330). Voir aussi : p. 101 et suiv., p. 931.
الجواب الرابع: أَنَّ قولَ المفرِّقِ بينهما: إنه إذا قال: (إِنْ فعلتُ كذا فعليَّ أَنْ أُعتق عبدي [١٥٣/ أ] فلانًا؛ كان هذا من نذر اللجاج والغضب، لأنَّ المشروط التزام إنشاء عتقه لا وقوع عتقه، والملتزم للإنشاء قد يفي بما وجب عليه وقد لا يفي، وأما المعلِّقُ للوقوع فغير متمكن من الرجوع عن مقتضاه، والمعلِّق للطلاق والعتاق المشروط في كلامه (١) صيرورة المرأةِ طالقًا والعبد حرًّا؛ لا أنه ينشئ لهما طلاقًا وعتقًا، هذا مقتضى كلامه ومقصوده، وبينَ المعنيين بَونٌ عظيم؛ فقد لاحَ الفرق بين هذا وبين نذر اللجاج والغضب). يقال له: الفَرْقُ كالجمع؛ فلا يجوز أَنْ يُجْمَع بين فرعٍ وأصلٍ ولا يفرق بينهما في الأحكام الشرعية إلا بالصفات المؤثِّرة في الشرع التي عَلَّقَ بها الشارع الأحكام لا بغير ذلك من الصفات، وإِنْ كانت من أظهر الأمور (٢) ، وَمَنْ جَمَعَ بينَ ما فَرَّقَ الله بينه كان بمنزلة الذين قالوا: إنما البيع مثل الربا، وقالوا: تأكلون ما قتلتم ولا تأكلون ما قتل الله= فقاسوا الميتة على المُذَكَّى، والربا على البيع.
(١) في الأصل: (كلاهما)، والمثبت هنا هو المثبت في أول الفصل، والمثبت - كذلك - في «التحقيق». (٢) قرر هذا المعنى ابن تيمية في كثيرٍ من المواضع منها: مجموع الفتاوى (٢٠/ ٣٩٥) (٢١/ ٢٧) (٢٣/ ٢٩٧) (٢٤/ ٣٥) (٢٧/ ٣١٦)، الفتاوى الكبرى (٦/ ٢٦٧)، مجموعة الرسائل والمسائل (٢/ ٤)، جامع المسائل (٢/ ٢٠٦)، المستدرك على مجموع الفتاوى (٢/ ١٥٥)، الاستقامة (١/ ٣٤٣)، الصارم المسلول (٣/ ٧٧١)، شرح عمدة الفقه (١/ ٣٣٠). وانظر: (ص ١٠١ وما بعدها، ٩٣١).

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