dès la réalisation de la condition, sans que la mise à exécution dépende de la moindre action de sa part.
Il en est de même lorsqu’il dit : « Mon chameau est un hady et un sacrifice (‘uḍḥiyya) pour Allah », ou encore : « Si Allah guérit mon malade, mon cheval sera retenu (ḥabs) pour la voie d’Allah », et autres formulations analogues : tout cela devient obligatoire dès que la condition se vérifie, et il ne lui appartient plus de l’annuler ensuite ; il lui revient seulement d’accomplir ultérieurement un acte complémentaire. Il s’agit là d’un surcroît d’obligation, à la différence de sa parole : « J’ai envers Allah l’obligation d’affranchir (un esclave) », car l’esclave ne devient libre qu’au moment où il l’affranchit effectivement.
De même, s’il déclare : « Si Allah guérit mon malade, ma demeure sera un waqf au profit des pauvres et des nécessiteux, et son administration appartiendra à Untel » ; ou : « Tous mes biens seront une aumône et le soin de les répartir reviendra à Untel » ; ou encore : « Mon chameau sera un hady ou une ‘uḍḥiyya et j’en remets la disposition à Untel », alors, une fois la condition réalisée, le vœu prend effet immédiatement ; aucun acte ne demeure à sa charge, si ce n’est de s’abstenir de toute disposition sur ce bien jusqu’à ce que la personne chargée de le gérer s’en empare et l’emploie dans ses voies légales.
Il ressort donc qu’il n’est pas exigé, pour la validité du vœu, que l’objet voué soit l’engagement d’un acte incombant à la personne ; il peut s’agir d’un droit attaché à un bien déterminé, qu’il ne lui sera plus possible de révoquer après sa survenue : soit qu’il lui impose une action portant sur ce bien, soit qu’il ne lui impose qu’une abstention, tout comme l’affranchissement qui interdit au maître de disposer de l’esclave.
De même, s’il disait : « Si Allah guérit mon malade, il m’incombera d’acquitter les gens des dettes qu’ils ont envers moi », cette remise de dette (ibrā’) n’est qu’une extinction pure, comparable à l’affranchissement. Et s’il disait : « Si Allah guérit mon malade, Zayd et ‘Amr seront quittes de ce qu’ils me doivent », cela équivaut à la formule : « Mon esclave Untel est libre » ; c’est-à-dire qu’ils sont libérés de la créance que je détiens sur eux.
De même encore, s’il déclare : « Si Allah guérit mon malade, je renonce au droit de représailles (qawad) que je possède contre Untel », l’objet du vœu consiste alors en la renonciation à un droit pécuniaire ou de talion qui ne se transforme pas en dette personnelle et ne